Edito

L’alerte rouge sur les entreprises réunionnaises

David Gauvin / 5 mars 2021

A la crise sanitaire, s’amorce une crise économique d’une ampleur jamais connue à la Réunion. Le confinement du 17 mars a sonné le glas de la reprise amorcée après la crise des gilets jaunes. Malgré les mesures, l’activité s’est fortement dégradée. La majorité du secteur économique navigue actuellement au bord du précipice.

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Fin 2018, l’île a connu un blocage de son économie pendant 15 jours. Les effets de cette crise n’ont pu être absorbé par les entreprises qu’à la mi 2019. Et alors que la reprise commençait à être bien amorcée, le 17 mars il y a une le confinement. Ce confinement a stoppé net la reprise et a conduit à la fermeture des entreprises pendant presque deux mois. Il est vrai que les pouvoirs publics ont multiplié les mesures d’aide aux entreprises. Mais ces mesures ont laissé les entrepreneurs au bord du chemin. Ils n’ont pas bénéficié d’aide pour leur salaire.

Les salariés ont eu le chômage partiel mais qui ne couvraient pas toute la rémunération. IL y a eu des reports d’échéance et de loyer pour certain. Il y a eu aussi le Prêt Garanti par l’Etat. Mais en pratique, le secteur bancaire n’a pas accompagné les entreprises les plus fragiles malgré la garantie de l’Etat. Il y a eu aussi le fond de solidarité, mais les 1500 euros sont quoi face à la baisse d’activité ? Elle a été mesurée à 30% pour l’année 2020. Les trésoreries ont été consumées, et les incertitudes dues à la gestion de la crise ne permettent pas aux entreprises d’adapter leur stratégie. De toute façon tôt ou tard, tout ce qui a été reporté devra être payé et rien ne pourra compenser la perte d’activité.

L’heure est aux états généraux de l’entreprise pour envisager des solutions réunionnaises pour le maintien de notre secteur économique. Tous les entrepreneurs ne sont pas des grands patrons, il y a même de plus en plus d’entrepreneurs pauvres. Pour rappel, 70% des entreprises de l’ile n’ont pas de salarié. Va-t-on les laisser mourir en silence, ou va-t-on vraiment décider de soutenir l’économie réelle de l’île et non l’économie de comptoir ? Et pendant ce temps, le locataire de la Région est aux abonnés absent. Il est l’heure de remettre en question nos certitudes économiques et d’inventer une nouvelle économie réunionnaise au service du territoire et de la population.

« La vie fleurit par le travail » Arthur Rimbaud
Nou artrouv’

David GAUVIN