Grande distribution à La Réunion : concentration sur fond d’APE et de risques de délocalisations
10 août, parRapprochement entre le groupe mauricien IBL et Caillé Grande Distribution
19 février 2009, par

Un événement exceptionnel aura lieu aujourd’hui à Paris : l’ensemble des élus — parlementaires et représentants des collectivités — des quatre DOM seront reçus par le président de la République au palais de l’Élysée pour débattre de la crise sociale qui frappe leurs pays. Une telle rencontre dans un tel contexte n’avait jamais eu lieu et elle est une illustration, parmi d’autres, de la gravité de cette crise, dont le pouvoir commencerait, semble-t-il, à prendre conscience.
Comme le disent en page 9 de ce journal les responsables de la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise (MCUR), « les gouvernements successifs n’ont pas su répondre aux aspirations et aux programmes élaborés par les premiers concernés. (…) Toutes les améliorations ont été obtenues par les luttes ». Et d’ajouter : « Nous avons le devoir d’imaginer notre propre avenir ».
En effet, nous n’avons pas à tout attendre de Paris, nous avons à assumer nos responsabilités en tant que Réunionnais et, comme le reconnaît à présent Mgr Gilbert Aubry, « nous devons prendre en main notre économie ». Mais l’État doit également respecter ses engagements et les principes de la République, dans le cadre d’un partenariat loyal avec les collectivités ultra-marines.
Nous devons nous-mêmes faire le maximum pour réparer les dégâts des crimes commis dans notre pays pendant l’ère coloniale. Mais l’État ne peut pas s’en laver les mains et il doit contribuer à cette réparation, car nos retards en termes de développement durable et solidaire — où il a pris une large part — sont considérables.
Mardi dernier à sa conférence de presse, Paul Vergès a souligné que depuis sa création, le Collectif des Organisations Syndicales, Politiques et Associatives de La Réunion (COSPAR) n’a cessé de se renforcer en termes d’adhérents, de devenir une authentique force de rassemblement, d’élargir sa plate-forme revendicative et de multiplier les actions sur le terrain. Il est ainsi devenu un outil d’excellence entre les mains des Réunionnais afin de porter à la fois leurs attentes d’urgence pour répondre aux besoins de la population la plus en difficulté et les propositions réunionnaises pour relever nos défis à court, moyen et long terme.
Les élus réunionnais qui se rendront aujourd’hui à l’Élysée seront-ils donc porteurs de nos projets d’avenir pour tout changer et reconstruire ou bien resteront-ils bloqués sur leurs positions partisanes et conservatrices ? Exprimeront-ils les attentes cohérentes et globales du COSPAR ou bien se limiteront-ils à quelques mesurettes sans perspectives ?
L. B.
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