Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
22 février 2018, par

La polémique créée par l’attribution par la CINOR d’un marché à un groupement pour travailler sur le projet de territoire de l’intercommunalité interroge. En effet, le directeur de cabinet du président de la CINOR a déclaré que cette décision est liée au fait que « nous n’avons pas malheureusement la compétence en interne », selon « le Quotidien » du 21 février. Il précise également au même journal que la loi NOTRe a confié de nouvelles compétences aux collectivités, que dans le même temps les dotations baissent, et que cela amène à changer de mode de fonctionnement.
Ceci interroge. En effet, la raison d’être de la création des intercommunalités, c’était notamment de travailler sur des projets de territoire permettant d’afficher une cohérence sur un ensemble géographique donné. Quand Jacques Chirac était président de la République, la loi avait notamment imposé aux intercommunalités souhaitant devenir communautés d’agglomération ou rester communautés de communes d’être constituées d’un ensemble de communes d’un seul tenant géographique. Ceci explique pourquoi Le Port et La Possession avaient dû quitter la CIVIS pour intégrer le TCO, tandis que Saint-Philippe ne pouvait pas faire partie de la CIVIS car séparée de Saint-Pierre par le territoire de Saint-Joseph. Ce cadre législatif a renforcé la notion de territoire partagé, puisque constitué de collectivités contiguës.
C’est pourquoi la préparation d’un projet de territoire est au cœur des missions d’une intercommunalité. Il est donc pour le moins surprenant d’entendre dire qu’au sein de la CINOR, communauté d’agglomération de plus de 200.000 habitants, il n’y a pas suffisamment de compétences en interne à un point tel que la collectivité soit obligée de recourir à un prestataire externe à travers un marché d’environ 2 millions d’euros. En effet, il existe des outils tels que la formation ou la gestion prévisionnelle de l’emploi et des compétences pour préparer une institution à faire face à des missions qui évoluent. Ces outils ont-ils été mis en œuvre pour anticiper les besoins pour le projet de territoire ?
La question est d’autant plus sensible que l’entreprise choisie pour accomplir cette mission se situe en France. Dans le secteur privé, de nombreuses grandes entreprises ont changé de main. Elles étaient des sociétés réunionnaises, elles sont devenues des filiales de groupes extérieurs. Le marché qui fait polémique à la CINOR est porteur d’un symbole, il délocalise une partie de la « matière grise » de la collectivité en France. Or justement, c’est en développant à La Réunion l’économie de la connaissance qu’il est possible de répondre en partie au problème du chômage des jeunes diplômés. Toute délocalisation dans ce secteur ne pourra qu’aggraver la situation.
J.B.
Nos peines
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