Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
29 mai 2013, par

Les nouveaux dirigeants de la Chine ont fait leurs premiers pas sur la scène internationale. Dès son élection à la tête de l’État, Xi Jinping s’est rendu en Russie, en Tanzanie, en Afrique du Sud et au Congo. À Durban, il a rencontré ses homologues du Brésil, de l’Inde et de l’Afrique du Sud. Ce premier déplacement a illustré la ligne stratégique de ce Parti communiste. C’est le renforcement du groupe BRICS, ces pays émergents constitue aujourd’hui le moteur de la croissance de l’économie mondiale. L’autre aspect, c’est le partenariat avec le continent africain. Les Chinois et les Africains ont en effet des liens qui se sont forgés lors de la lutte anti-coloniale. En ce début du 21e siècle, l’Afrique commence à peser sur l’économie mondiale. Son premier partenaire commercial dans le cadre de la mondialisation, ce sont les BRICS, et pas les anciennes puissances coloniales.
Cette semaine, c’est au tour du Premier ministre chinois, Li Keqiang, d’aller à la rencontre d’autres partenaires. Il s’est rendu en Europe, après avoir visité l’Inde et le Pakistan. Sa première étape était la Suisse, où le dirigeant communiste a fait avancer les négociations en vue d’un accord de libre-échange avec ce pays. Pour la Chine, la concrétisation de ce projet a une portée considérable. Ce sera en effet le premier accord de ce type avec un pays développé.
Pour sa part, la Suisse est une place financière de dimension planétaire. Elle est souvent qualifiée de paradis fiscal. Ce pays moins peuplé que Madagascar affiche pourtant une balance commerciale excédentaire avec la Chine, grâce à ses exportations de machine outils, de médicaments, de produits chimiques et d’horlogerie.
Li Keqiang a ensuite poursuivi sa tournée par une visite en Allemagne. À Berlin, le Premier ministre chinois a discuté avec son homologue Angela Merkel de panneaux photovoltaïques. Le responsable du Parti communiste chinois demande au gouvernement conservateur allemand d’agir pour que l’Union européenne revienne sur sa volonté de dresser des barrières protectionnistes sur cette production.
Cette position fait réfléchir. En effet, la Chine est un pays dirigé par un Parti communiste, où le capitalisme est florissant, et où le mot capitalisme a disparu des statuts du Parti communiste chinois. Ses dirigeants sont des communistes convaincus et ils font des milliers de kilomètres pour demander à des Occidentaux de s’ouvrir au libre-échange. Voilà qui permet d’apporter un éclairage inédit sur la crise.
La situation concrète montre que les indicateurs les plus défavorables sont concentrés dans un continent, l’Europe, et en particulier au sein d’anciennes puissances coloniales qui dominaient le monde : l’Espagne, le Portugal, la France et la Grande-Bretagne. Or, les dirigeants de ces pays s’en prennent à la Chine et aux paradis fiscaux pour justifier leur situation, mais refusent le débat sur la véritable nature de la crise de leurs pays, celle de l’émergence d’un monde en train de se libérer de cinq siècles de colonisation.
J.B.
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