Edito

L’ex-patron de Carrefour illustre une réalité évidente du capitalisme

J.B. / 16 juin 2018

JPEG - 13.7 ko

Le capitalisme a pour but de creuser les inégalités afin qu’une classe puisse augmenter ses profits en pressurant une autre classe, celle qui produit les richesses. C’est ce qu’illustre la somme considérable que l’ex-patron de Carrefour a touché en quittant cette société.

En cumulant les indemnités, il a touché une prime globale de 17 millions d’euros, plus une retraite s’élevant à 500.000 euros par an jusqu’à la fin de ses jours. Rappelons que l’an dernier, Carrefour a perdu plus de 500 millions d’euros. C’est cette donnée comptable qui a justifié des milliers de licenciements. Mais les victimes sont loin d’avoir été indemnisés à la hauteur du préjudice subi, tandis que le principal décideur a touché lui une indemnité indécente.

Ceci illustre bien une finalité du capitalisme : permettre à une classe sociale de s’enrichir sans limite grâce au pillage des richesses créée par une autre classe. En effet, si on considère que le niveau de retraite de l’ex-patron de Carrefour est fonction de son ancien salaire, comment peut-il justifier avoir produit pour un million d’euros par an ? Au contraire, c’est sous son mandat que le groupe a perdu un demi-milliard en un an. Ce demi-milliard venait des richesses accumulées pendant des décennies par les travailleurs de Carrefour. Et ce sont les emplois des travailleurs qui ont été utilisés pour compenser ces pertes.

Face à ce système, des protections ont atténué les inégalités. Elles sont remises en cause par ce gouvernement, qui les fait sauter une à une. Avec l’application dans le droit français de la directive européenne sur le secret des affaires, ceux qui se risqueront à révéler un scandale tel que la prime de départ de l’ex-patron de Carrefour s’exposeront à de sévères sanctions. Ceci permettra aux bénéficiaires du capitalisme de s’enrichir toujours plus, en toute discrétion, tandis que pour les autres, ce sera toujours la crise, l’austérité et la nécessité de « faire des sacrifices » pour le bien de la société.

J.B.