Edito

L’honneur en action au PCR.

Ary Yée Chong Tchi Kan / 2 avril 2019

Le 4 décembre 2016, à Saint Leu, l’Association REAGIES et le PCR avaient organisé “une évocation historique” sur les évènements de mars 1947, à Madagascar, qui s’étaient soldés par 100 000 morts du côté Malgache. Les organisateurs avaient placé cette initiative sous la figure tutélaire de Paul Vergès et de celle de Gisèle Rabesahala, symbolisant ainsi la solidarité Malgacho-Réunionnaise. Deux cent cinquante personnes avaient pris part à ce rassemblement. C’était un avant-goût du programme commémoratif du 70e anniversaire en 2017.

Trois mois plus tard, une délégation réunionnaise avait participé dans les villes de Antananarivo et Moramanga à un programme très riche élaboré en concertation avec l’AKFM, le parti de Gisèle Rabesahala. “Témoignages” en a tiré plusieurs reportages. Le site de REAGIES en a rendu compte également. En retour, une délégation de l’AKFM a été accueillie dans notre île pour une Conférence à Saint Pierre, une projection de film à Sainte Suzanne et une soirée d’amitié à Saint Denis.

La réflexion sur ces actions croisées ont conclu à la nécessité de continuer à approfondir les échanges après la disparition de nos deux référents politiques : Paul et Gisèle. En somme, reprendre le flambeau. En 2018, une nouvelle délégation réunionnaise s’est rendue à Moramanga sur les lieux historiques, une Conférence-bilan a été organisée par l’AKFM, suivie d’un atelier culinaire. Ces rencontres ont débouché sur une déclaration commune PCR-AKFM : “plus forte l’amitié” et une lettre-motion demandant à la COI d’inscrire dans son ordre du jour la question “des Chagos.”

En août de la même année, le Forum Politique des Iles s’est tenu dans la capitale Malgache. Durant 2 jours, les 150 participants ont posé les fondations d’un espace politique qui faisait défaut depuis la rencontre des Partis politiques et Organisations progressistes qui s’était tenue à Mahé (Seychelles), en 1978. L’accent a été mis sur “le bon voisinage et la diplomatie des Peuples”. Deux documents ont été adoptés à la clôture du Forum. L’évènement principal a été la présence officielle des Chagossiens. Ils étaient invités d’honneur. Pour la première fois de son existence, le peuple Chagossien faisait partie d’un espace politique régional en tant que tel. Pour la première fois, Olivier Bancoult s’exprimait à Madagascar, pays membre de la COI. Ce qui souligne l’inefficacité de cet organisme de coopération à traiter les souffrances des peuples voisins.

Cette année 2019, nous nous sommes lancé sur les traces de notre compatriote Francis Sautron qui reçut la confiance des électrices et électeurs de Diego-Suarez dans 3 scrutins municipaux en 1956, 1957 et 1959. Les recherches nous ont conduit à une collaboration fructueuse avec des étudiants en Histoire de l’Université locale. Une délégation réunionnaise de 18 personnes a participé à une Conférence à Antsiranana, nouvelle appellation de Diégo-Suarez. L’idée d’une fondation Francis Sautron a été proposée par le PCR. La délégation s’est ensuite rendue à Moramanga. En guise de commémoration, une “olympiade d’histoire” a mis en mouvement 3 groupes de jeunes scolaires issus de deux lycées et d’un Collège. C’était très réussi et très émouvant. La recherche continue sur les Réunionnais qui ont refusé de tirer sur les Malgaches.

Toutes ces actions, depuis 3 ans, ont vu le jour grâce aux chaînes de solidarité qui se sont nouées à chaque moment et à l’implication des Réunionnaises et des Réunionnais à chaque déplacement. Il en a été de même des efforts accomplis du côté de nos partenaires malgaches. Le mérite de toutes ces personnes est encore plus grand car les actions ont été réalisées sans subvention d’institution publique. La facilité n’a jamais construit une conscience. C’est un point d’honneur de l’action internationale du PCR.

Ary