Edito

L’honneur ou le mépris : ce sont les Réunionnais qui choisiront en définitive

Témoignages.re / 28 août 2020

Nous vivons une situation extrêmement révoltante. L’entrée sur notre territoire d’un virus qui a fait plus de 820 000 morts dans le monde en trois mois, est un crime qu’il s’agira de juger en temps voulu. Souhaitons que nous en sortions indemnes, mais on sait à quoi s’en tenir.

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Léon de Lépervanche et Raymond Vergès, les députés du CRADS.

Des fonctionnaires qui tantôt nous donnent des leçons de bonne conduite, nous font la morale, ou nous accusent alors qu’ils sont aux commandes c’est du mépris.

Un ministre qui vient en faire autant tout en nous traitant en plus d’incapables c’est du mépris.

Une rectrice qui affirme en toute bonne fois, que le créole doit être utilisé à l’école, non pas parce que c’est la langue des enfants de ce pays, non pas parce qu’elle fait intégrante de notre personne et que l’enlever sera nous amputer, non pas parce la langue est la base de toute éducation, mais pour servir de marche pieds aux autres langues, qu’elle estime peut-être plus valable que notre créole réunionnais, c’est une méprise.

Je vous laisse le soin de prolonger la liste.

A tout cela nous répondons par un « c’est pas juste », « ils ne comprennent rien », « colonialistes ! ». Mais en attendant, il faut être honnête, on courbe l’échine. On accepte l’inacceptable, on subit l’humiliation, car on pense qu’il y a une raison supérieure à cela : l’avenir de nos enfants.

Pourtant il arrivera un jour, où le Réunionnais en aura assez d’être traité de la sorte, et il mettra fin à ce néocolonialisme. Peut-être que cela arrivera demain (je rêve), peut-être dans 100 ans, ou peut-être jamais, c’est en tout cas c’est lui qui a le choix.

En octobre 1945, au sortir de la guerre, dans un courant mondial d’indépendance des pays colonisés, les Réunionnais eux ont voté en masse pour les candidats Raymond Vergès et Léon De Lépervanche qui prônaient, au contraire, le rattachement à La France grâce au statut de Département français. A l’époque dans un contexte de très grande misère, les Réunionnais ont choisi.
Le choix qu’ils ont fait un jour, c’est eux qui le déferont un autre jour, s’ils le veulent, s’ils estiment que le respect de leur personne, de leur identité, est plus important qu’une enveloppe bien remplie.