Un vestige de la société esclavagiste est en train de tomber
11 juin, parCourrier des lecteurs
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Jusqu’à quand le peuple réunionnais devra-t-il se contenter de victoires symboliques alors que les mutations structurelles du capitalisme global — de l’électrification forcée des transports à l’avènement énergivore de l’intelligence artificielle — s’apprêtent à provoquer un choc de demande sans précédent sur notre réseau insulaire ?
L’inauguration du parc éolien renouvelé de Sainte-Rose est une éclatante réussite de l’ingénierie péi. Remplacer 23 machines obsolètes par seulement 4 turbines de nouvelle génération pour alimenter 13 500 habitants démontre la puissance du repowering. C’est la preuve que le génie du terrain, lorsqu’il s’arme de technologies de stockage par batterie et de biomimétisme, peut repousser les frontières de l’autonomie. Mais ce pas en avant, aussi fier soit-il, ne doit pas masquer le mur énergétique et réglementaire vers lequel la verticalité libérale nous projette à l’horizon 2050.
Le constat est d’une cohérence froide et alarmante. D’un côté, les injonctions descendantes imposent une transition accélérée vers le véhicule électrique, transférant massivement la consommation du secteur pétrolier vers un réseau électrique réunionnais déjà sous tension. De l’autre, l’irruption de l’Intelligence Artificielle et l’implantation indispensable de data centers locaux pour garantir notre souveraineté numérique créent de nouveaux gouffres énergétiques. Une seule requête IA consomme jusqu’à dix fois plus d’électricité qu’une recherche classique ; un centre de données exige un refroidissement permanent et massif. Face à cette explosion exponentielle des besoins, que fait la technocratie parisienne ? Elle maintient notre filière solaire au régime sec.
C’est ici que le système de comptoir révèle toute son absurdité. Alors que près de la moitié de nos capacités photovoltaïques (ces 150 mégawatts installés lors du « boom » 2006-2010) voient leurs contrats d’achat arriver à échéance entre 2026 et 2030, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) bloque les investissements. La technologie moderne permettrait pourtant de doubler la puissance de production sur ces mêmes surfaces déjà anthropisées. Mais l’État refuse le cadre réglementaire et tarifaire spécifique indispensable à ce renouvellement. On nous impose de consommer plus d’électricité pour nos voitures et nos serveurs, tout en nous interdisant de produire plus d’énergie sur notre propre sol. C’est la méthode immuable du colonialisme économique : décider pour nous, contre nous.
« Exiger une Réunion tout-électrique et numérique tout en rationnant nos capacités de production locale par des grilles tarifaires hexagonales relève d’une contradiction politique intenable. »
On ne bâtit pas la résilience d’une île en soumettant ses besoins vitaux au thermomètre des arbitrages budgétaires de Paris. Si La Réunion veut absorber le choc de la voiture électrique et sécuriser les serveurs qui abritent ses données et son intelligence sans rallumer ses centrales thermiques polluantes, elle doit impérativement briser ses verrous administratifs.
La lutte pour notre autonomie énergétique est indissociable de notre combat pour la liberté commerciale régionale. Maîtriser notre mix énergétique — en articulant l’éolien de Sainte-Rose, le repoweringmassif du solaire, l’hydraulique et la biomasse — procède de la même logique que la rupture avec le grand import exclusif. Sourdre nos énergies en circuits courts territoriaux, c’est l’assurance de faire s’effondrer la dépendance et de sécuriser l’avenir de notre jeunesse face aux crises globales.
Face à un monde en surchauffe technologique, le suivisme et l’attentisme réglementaire équivalent à une capitulation coloniale. La Réunion possède l’ingénierie, la ressource naturelle et la légitimité historique pour s’auto-suffire. Nous n’acceptons plus que l’avenir de notre modèle énergétique soit confiné sous le boisseau des technocrates de la CRE ou sacrifié sur l’autel des profits des monopoles.
En unissant l’audace de nos scientifiques, le courage de nos forces associatives et syndicales et la volonté politique régionale, nous réaffirmons notre droit souverain à tracer les chemins neufs de notre propre destin matériel. Face au vieux monde des décisions verticales et de la gestion de guichet, faisons lever le temps de la Réunion fière, résiliente et maîtresse absolue de son énergie.
Comme le rappelait Paul Vergès en anticipant les immenses défis climatiques et structurels du XXIe siècle :
« Nous sommes à un tournant de notre histoire où les choix énergétiques et le développement de notre territoire ne peuvent plus dépendre de décisions lointaines et de schémas dépassés. Le défi qui attend les prochaines générations réunionnaises exige une autonomie de réflexion et une souveraineté d’action absolues. C’est à nous, et à nous seuls, d’inventer les solutions qui protégeront notre terre et libéreront notre peuple de la dépendance. »
Nou artrouv’
David Gauvin
Courrier des lecteurs
Mézami , néna par-la dë somenn in sèrtin prézidan zétazini la di dann in konféranss de press li lé dakor pou ashté bannzil chagos mé sa sé in (…)
In kozman pou la rout
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