Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
14 avril 2006

Dans tous les milieux socioprofessionnels et politiques, on trouve des gens qui ne jurent que par la “flexibilité” de l’emploi. L’obstacle à la croissance économique réside, selon eux, dans le Code du Travail qu’il faut “déréglementer” afin de rendre le licenciement plus facile et de diminuer le coût du travail. Ils nous assurent que ces réformes sont pour le bien de tous, et d’abord dans l’intérêt des précaires et des exclus car il vaut mieux avoir un emploi peu sûr et mal payé que pas d’emploi du tout. C’est comme si l’on disait à un malvoyant : il vaut mieux être borgne qu’aveugle.
Mais une question vient aussitôt à l’esprit lorsqu’on présente la flexibilité comme une voie incontournable : pourquoi le coût d’un tel dispositif n’est-il pas partagé par tous les partenaires sociaux ? Pourquoi le monde du travail doit-il payer seul le prix de cette soi-disant “panacée” ?
C’est là que l’on voit le côté immoral et inacceptable de ce système. En effet, y a-t-il un retour - sous forme de nouveaux emplois pérennes créés - des aides données au patronat au nom de cette flexibilité ? Non ! Comme il n’y pas, non plus, partage des richesses engendrées par cette même flexibilité. C’est d’ailleurs impossible, nous disent les patrons, car la mondialisation est tellement féroce qu’en plus des bénéfices, il faut constamment investir pour rester compétitif dans une guerre économique sans fin.
Au bout du compte, ce sont toujours les mêmes qui profitent des réformes visant à “assouplir” le Droit du Travail. En fait, il est assoupli pour les uns et durci pour les autres. C’est bien pourquoi la flexibilité - de droite comme de gauche, d’ailleurs - est une impasse sociale.
L. B.
Nos peines
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