Edito

L’intransigeance du gouvernement entraîne le blocage total de la Guyane

J.B. / 10 avril 2017

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« Cela fait trois ans que l’on négociait un pacte pour la Guyane, il n’y a toujours pas eu d’accord, je le regrette ». Ces propos ont été tenus samedi dans les colonnes du « Parisien » par George Pau-Langevin, ancienne ministre des Outre-mer. Elle dit aussi comprendre « l’exaspération des Guyanais, mais la crise survient un peu tard, à un moment où les ministères ne sont plus en mesure d’agir en cette fin de quinquennat. Si des promesses sont faites, que vaudront ces paroles ? Je crains que ça ne se termine mal. »

La tension est en effet montée vendredi quand les gendarmes ont lancé des grenades lacrymogènes devant la préfecture de Guyane, où une foule importante était rassemblée. Des manifestants avait tenté d’entrer dans le bâtiment, suite au refus du préfet de recevoir une délégation. En conséquence, le mouvement de grève générale se poursuit. Il entre dans sa troisième semaine et se traduit par des barrages sur les routes. Le gouvernement ne veut pas écouter les revendications des Guyanais, il en résulte la paralysie du pays.

Les manifestants demandent un plan d’urgence de plus de 3 milliards d’euros, ainsi qu’un statut particulier pour la Guyane, permettant aux Guyanais d’avoir plus de responsabilité. À cela, le gouvernement répond par une aide d’urgence d’un milliard validée au dernier Conseil des ministres, et le statu quo sur le plan institutionnel.

Au moment où commence la campagne officielle de l’élection présidentielle, la crise en Guyane rappelle que les outre-mer vivent dans un cadre qui n’est plus adapté à l’évolution du monde. Les outre-mer sont donc un des enjeux décisifs de cette élection, ce qui bouleverse tous les agendas.