Edito

L’occasion d’un calendrier scolaire pour la réussite des élèves réunionnais

Manuel Marchal / 29 juillet 2021

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Un communiqué du président de l’Association des maires de La Réunion diffusé hier rend compte de la rencontre des premiers magistrats communaux ou de leurs représentants avec le préfet lundi dernier.
Manifestement, les élus pensent que la crise va durer. Elle aura au moins des répercussions sur la prochaine rentrée scolaire puisqu’une proposition évoquée est de décaler cet événement d’une semaine. Une troisième année scolaire risque donc d’être perturbée, pour le moins au début.

Le calendrier scolaire à La Réunion est singulier. En effet, il se construit à l’opposé de la réalité climatique du pays avec une tendance à allonger les vacances d’hiver tout en raccourcissant celles d’été. Cela impose donc à plus de 200.000 jeunes réunionnais et à leurs encadrants de travailler pendant les mois d’été avec des températures tropicales à la clé dans des salles surchauffées. L’objectif de ce calendrier ne peut donc pas être la réussite éducative des jeunes Réunionnais. La tendance à des décisions anti-pédagogiques s’explique par la volonté d’assimiler La Réunion à un département français comme les autres, pour favoriser la coïncidence des vacances et des mutations. Même les horaires des épreuves du bac sont décalées pour s’aligner sur l’heure de la distribution des sujets dans l’ancienne métropole, ce qui signifie composer pendant l’heure du repas. C’est un handicap que ne subissent pas les candidats en France.

Il semble donc d’ores et déjà acquis que la situation ne sera pas redevenue normale à la rentrée, et sans doute pas avant de nombreux mois compte tenu de la difficulté de venir à bout de l’épidémie de coronavirus. Cette anormalité se répercutera à l’école avec à la clé des difficultés supplémentaires pour les apprentissages. Si les parents les plus riches pourront compenser en payant des cours particuliers à leurs enfants, les autres seront forcément pénalisés ce qui creusera encore les inégalités.
Pourquoi alors ne pas faire une croix sur ces derniers mois de l’année afin de bien préparer la rentrée scolaire à la date où elle doit se dérouler : à la fin de l’été. Ceci permettrait de se donner un délai permettant de préparer cette échéance dans les meilleures conditions afin de donner les moyens à tous et pas seulement aux plus riches de réussir. Ceci mettra également en phase le calendrier scolaire avec la réalité climatique de La Réunion.
Que représentent en effet ces quelques mois de décalage s’ils permettent au moins à un seul élève de décrocher le diplôme lui permettant d’être moins vulnérable au chômage ?

M.M.