Crise de l’eau : alerte générale à La Réunion
6 août, par180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
22 août 2017, par

Dans son édition de dimanche, le « JIR » donne un coup de projecteur sur le travail de Patrick Bartet qui répertorie les traces du chemin de fer à La Réunion. Il existe encore en effet dans notre île des traces de cet ouvrage majeur. Malheureusement, elles sont en voie de disparition, recouvertes de végétation ou détruites par la construction d’autres équipements.
Une des conséquences de la décision de la France d’imposer la monoculture de la canne à sucre à La Réunion a transformé une île essentiellement agricole en un pays industrialisé. Il est vite apparu que le développement de cette industrie nécessitait la construction d’infrastructures adaptées. Les dirigeants réunionnais de l’époque ont alors pris l’initiative de creuser un port en eaux profondes et de le relier aux usines par un chemin de fer. Quarante ans après l’abolition de l’esclavage, il n’a fallu que quelques années pour construire un réseau ferré de 120 kilomètres avec d’impressionnants ouvrages d’art et de nombreuses gares. C’était un exploit considérable compte-tenu des moyens de l’époque. Cela plaçait La Réunion parmi les pays avancés dans le domaine de l’industrie. Le train a ensuite été la colonne vertébrale de la mobilité des Réunionnais à La Réunion pendant 70 ans. Le chemin de fer était également le premier employeur du pays.
Quand le gouvernement français et ses alliés à La Réunion ont décidé de construire la route du littoral, cela s’est accompagné par la destruction du chemin de fer. Le résultat est la disparition des traces de cette manifestation concrète du génie réunionnais. Cela s’apparente à une campagne d’oubli de cette part importante de l’histoire des Réunionnais. Combien sont en effet nos compatriotes à avoir conscience que leurs ancêtres ont construit de leur propre initiative une industrie et un chemin de fer ?
Si cette connaissance avait été valorisée par la préservation des traces de ce riche passé, nul doute que les Réunionnais auraient un autre point de vue sur la capacité de leur pays à se développer, car les anciens avaient montré que cela était possible. Ce travail de mémoire avait été initié quand Paul Vergès était à la présidence de la Région Réunion. Cela se traduit par la construction d’un monument à la Grande Chaloupe, rendant hommage au travail des cheminots réunionnais. Malheureusement, cette politique n’a pas été poursuivie ce qui contribue à faire croire aux Réunionnais qu’ils n’ont pas d’histoire en dehors de celle de la France. L’exemple du train est caractéristique de l’oubli organisé de l’histoire des Réunionnais. Or, comme n’importe quel peuple, le peuple réunionnais a une histoire.
J.B.
180 litres d’eau par jour par personne : droit dans le mur
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