Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
22 juin 2006

Interrogé par nos confrères de “l’Humanité”, Georges Séguy, ancien secrétaire général de la CGT, est revenu sur les circonstances dans lesquelles sont passées les réformes du Front populaire.
Parmi les lois qui ont fondé le “modèle social” que certains tendent à vouloir faire disparaître, une des plus symboliques est celle qui a donné droit à deux semaines de congés payés pour tout le monde. Avec l’augmentation générale des salaires de 15% obtenue dans les “accords de Matignon”, des travailleurs ont pu pour la première fois de leur vie accéder à des loisirs.
Quant aux arguments avancés à l’époque par les ancêtres des libéraux d’aujourd’hui, ils sont toujours utilisés 70 ans après par ceux qui refusent les réformes : "cadeau à la concurrence étrangère, risques de catastrophe économique, chômage, licenciements, coût du travail trop élevé". Georges Séguy relate que pour les congés payés, "on pensait que la réticence des patrons à tout progrès social rendait cette perspective illusoire". Et en 1936, "c’est arrivé ! Les congés payés restent un exemple significatif du fait que l’utopie, ce n’est pas quelque chose d’impossible, mais quelque chose qui n’a pas encore été réalisé".
Qui pouvait imaginer qu’il soit possible d’être payé par son patron pour aller en vacances ? L’utopie est devenue réalité, sans entraîner la ruine de l’économie du pays qui a pris l’initiative de cette avancée sans précédent. De quoi faire réfléchir tous ceux qui pestent contre le "coût du travail trop élevé".
Manuel Marchal
Nos peines
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