Edito

La canicule dans les classes, c’est tous les ans à La Réunion

J.B. / 23 juin 2017

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La journée de mercredi a été la plus chaude jamais mesurée depuis 1945 en France. Sa particularité ? C’était un 21 juin. Ce n’est pas la période traditionnelle des grandes chaleurs dans l’hémisphère Nord, celle-ci se situant au coeur de l’été.

La vague de chaleur est une illustration supplémentaire du dérèglement climatique à l’échelle de la planète. Une étude récente parue dans Nature Climate Change a d’ailleurs souligné que si des mesures drastiques ne sont pas prises pour limiter la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre, ce sont 75 % de la population mondiale qui vivront tous les ans des périodes de canicule potentiellement mortelle en 2100, soit plus de 7 milliards de personnes, l’équivalent de la population humaine actuelle.

Cette année en France, la vague de chaleur coïncide avec la date de l’examen le plus médiatisé, le baccalauréat. Cela met sous les feux des projecteurs des candidats qui composent dans des salles surchauffées. Ils ne sont pas les seuls concernés. Nombreux sont les élèves à souffrir de la chaleur dans des établissements inadaptés. En conséquence, des parents ont décidé d’organiser des mouvements de protestation. Plusieurs ont décidé de retirer leurs enfants de l’école en attendant que les températures soient plus clémentes.

Cet événement exceptionnel en France se reproduit tous les ans à La Réunion. En effet, la durée des vacances d’été n’a cessé de diminuer à La Réunion. Alors qu’en France elles durent deux mois, c’est à peine la moitié dans notre île alors que le climat tropical favorise des températures plus élevées.

Le PCR ainsi que d’autres organisations militent depuis longtemps pour que le calendrier scolaire à La Réunion tienne compte du climat. Ses revendications s’opposent à l’administration qui poursuit une tendance, celle de s’aligner sur les dates en France. Le comble est atteint lors de l’organisation des épreuves du baccalauréat dans notre île. Les horaires sont calqués sur ceux de la France, alors que les deux pays ne sont pas dans le même fuseau horaire. Ce qui entraîne pour les Réunionnais un début des épreuves écrites à 10 heures et à 16 heures.

L’émoi suscité par la situation des élèves qui souffrent de la chaleur en France amènera-t-elle enfin l’administration à prendre conscience de la situation subie chaque année par les élèves réunionnais, obligés d’aller à l’école pendant la période de l’année la plus chaude ?

J.B.