Edito

La casse du droit du travail profite à l’extrême droite en Allemagne

J.B. / 25 septembre 2017

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Après l’arrivée au second tour de la présidentielle de la candidate de l’extrême droite en France, c’est au tour de l’Allemagne de connaître une forte progression de ce parti. Ce pays comptera plus de 80 députés d’extrême droite. L’abstention a joué un rôle limité dans ce résultat, puisque 75 % des électeurs se sont déplacés. Les partis de l’alternance sont en recul. Celui d’Angela Merkel réalise un score bas compte-tenu de la cote de popularité de la chancellière au pouvoir. Les socialistes qui étaient ses partenaires réalisent à peine 20 %, un score qualifié d’historiquement bas.

En Europe, l’Allemagne est pourtant présentée comme l’exemple à suivre. Les statistiques officielles montrent en effet une inversion de la courbe du chômage depuis plusieurs années. Les régions du Sud de l’Allemagne comptent même moins de 5 % de chômage, ce qui est considéré comme le plein emploi. Mais cela s’est fait au profit d’une forte montée de la précarité et du travail à temps partiel. Il n’est pas rare d’être obligé d’avoir plusieurs emplois pour espérer être payé 1.000 euros par mois.

En conséquence, le résultat donne une situation incertaine car la coalition entre la droite et les socialistes ne sera pas reconduite selon les dirigeants de ces derniers. Aucun parti ne peut en effet gouverner seul. Une alliance devra être trouvée entre des formations politiques qui ont des programmes très différents. Si cela ne se fait pas, de nouvelles élections devront se tenir.

La crise en Europe est loin d’être terminée. Cette fois, c’est la première puissance économique de cet ensemble qui traverse une période d’incertitude en raison des effets d’une politique de diminution des protections offertes par le droit du travail. Or, c’est pourtant cette voie qui est poursuivie en France, avec la signature des ordonnances visant à modifier le Code du Travail.

J.B.