Edito

La Catalogne confirme sa volonté d’émancipation

J.B. / 23 décembre 2017

JPEG - 142.2 ko

Organisées à la suite de la suspension de l’autonomie de la Catalogne par le gouvernement espagnol, les élections régionales de jeudi dernier ont reconduit la coalition indépendantiste au pouvoir dans cette province de l’Espagne. Elles ont été marquées par un fort taux de participation, plus de 80 %, ce qui crédibilise le résultat.

Les deux principaux partis indépendantistes ont fait campagne alors que leurs dirigeants sont en prison ou en exil. Sur 135 sièges, les indépendantistes en obtiennent 70. Ils ont la majorité absolue dans l’Assemblée de Catalogne. Du côté des partis espagnols, celui du chef du gouvernement a subi un très grave échec : 4,2 % des suffrages et 4 sièges. C’est un nouveau parti de droite, Ciudadanos, qui le remplacera en Catalogne dans le rôle du principal opposant à l’indépendance. Pour sa part, Podemos plafonne à 8 sièges.

C’est donc un cinglant désaveu pour le gouvernement espagnol. Il a sévèrement réprimé l’organisation du référendum d’autodétermination du 1er octobre, qui avait débouché sur un vote pour l’indépendance de la Catalogne. Il avait aussi dissous le Parlement de la Catalogne à la suite de l’adoption de la déclaration d’indépendance qui prévoit le retour à une République en Catalogne. Enfin, il a organisé la répression contre les dirigeants indépendantistes en destituant le président Carlos Puigdemont et en lançant des mandats d’arrêt à leur encontre. Le président et plusieurs ministres se sont réfugiés à Bruxelles tandis que d’autres membres du gouvernement catalan ont été jetés en prison.

Rappelons que l’origine de la crise vient du refus obstiné de donner droit aux demandes de plus d’autonomie formulées par les Catalans, qui souhaitaient disposer de compétences exercées par le Pays basque. Le Parti populaire au pouvoir en Espagne reste marqué par l’héritage du franquisme qui était un régime politique dictatorial fortement centralisé, où l’usage du catalan et du basque étaient interdits. Son intransigeance a débouché sur le référendum d’indépendance, la répression qui a suivi et le résultat des élections de jeudi.

Toutes ces mesures n’ont pas empêché la volonté de plus d’autonomie de s’exprimer. Après la Corse, la Catalogne confirme que ce sentiment est fortement présent dans des régions de piliers de l’Union européenne comme l’Espagne et la France. Il devra être pris en considération.

J.B.



Un message, un commentaire ?



Messages






  • Mesdames, Messieurs... si vous le permettez petits commentaires sur votre article :
    1° Pourquoi cacher que 51.4 % des électeurs ont voté pour rester dans la constitution espagnole ??? Soit, si cela avait été un référendum "un vote - une voix" : défaite des indépendantistes !!!!
    2° Arrêtez une fois pour toute de qualifier le P.P de "franquiste" : c’est un parti centre - centre droit comme en Allemagne, au Benelux etc... plus au centre que le parti de Püigdement résolument libéral : SVP un minimum d’objectivité
    3° Et arrêtez de parler de l’interdiction du catalan. Nous n’allons plus au Can Bolet ni au Mas Romeu (restaurants à Lloret de Mar où nous avons un pied-à-terre) car on vous jette à la figure (comme certains de nos voisins en assemblée de copropriété) : "Ici on est en Catalogne". De nombreux commerçants - et même nous-même - ONT PEUR du fascisme évident des indépendantistes.
    4° Peut-on en France voter 3 fois (lors du fameux pseudo référendum du 1/10/17) sans liste électorale, sans contrôle ?
    5° Une grande réalisatrice de films (plusieurs"GOYAS" [= Césars en France]) se fait insulter et menacer pour avoir osé prendre position pour le respect de la loi. Elle envisage la "fuite" pour rester libre !!
    6° De fait, on n’a mis en prison que des gens ayant enfreint la loi : le respect de la loi - dont une constitution approuvée en 1978 par 90% des catalans - n’est-il pas le signe de la démocratie ?? Ce ne sont pas des prisonniers politiques !
    Arrêtons là car il y a beaucoup à encore dire !
    De la part de citoyens européens qui vivons 4 à 5 mois par an à Lloret de Mar mais qui viennent de mettre immédiatement en vente leur appartement ... et tant pis pour la perte car on ne peut plus y vivre en paix.
    Meilleures salutations
    André BERRAND

    Article
    Un message, un commentaire ?