Edito

La colère des communautés autochtones

Bertrand Ancelly / 12 novembre 2020

JPEG - 13.7 ko

A Ottawa ou en Colombie-Britannique, les Autochtones, soutenus par les écologistes, protestent contre le projet de gazoduc « Coastral Gaslink » qui traverse leurs territoires. Les manifestants bloquent des axes routiers et surtout des voies ferrés. Le trafic des voyageurs et des marchandises sont fortement perturbés. Justin Trudeau commente cette crise en déclarant qu’il comprend les manifestations pacifistes car cela fait partie de la vie démocratique mais qu’il doit veiller à ce que les lois soient respectées.

Le chef héréditaire Wet’suwet’en veut préserver leur terres traditionnelles car certaines terres sont régies par des droits ancestraux protégés par une loi constitutionnelle. Cependant dans certaines régions, dont la Colombie-Britannique, aucun traité n’a été conclu entre le gouvernement et les Autochtones. Le droit ne pouvant les protéger, ils occupent les terres pour empêcher l’accès aux chantiers. L’entreprise chargée des travaux a obtenu l’accord de la Colombie-Britannique et de quelques conseils autochtones alors que Wet’suwet’en a refusé. Pour ce dernier, ne n’est pas une question d’argent car il veut juste avoir ses terres.

Rappelons-le, Justin Trudeau avait fait de la réconciliation avec les autochtones une priorité de son gouvernement mais après cet acte, la réconciliation est carrément enterrée. Le problème évoqué est clairement la souveraineté des autochtones et la reconnaissance de leurs droits. Son gouvernement avait promis une relation renouvelée avec les Autochtones, une relation fondée sur le respect, le partenariat et la reconnaissance des droits. En voulant aller contre l’avis de ces derniers, il ne respecte pas la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones (DNUDPA) de 2010, qu’il s’était engagé lui-même à adopter et à mettre en œuvre conformément aux lois du Canada.

Bertrand Ancelly