Face à la menace d’une crise globale à La Réunion, le silence inquiétant des élus réunionnais
28 juillet, parImpact de conflits lointains dans un pays insulaire dépendant de lointaines importations
5 mars 2012, par

Nous venons de vivre deux semaines d’intenses activités politiques et sociales. Il y avait les revendications pour la baisse des prix des carburants et des marchandises ainsi que les propositions du PCR pour les prochaines mandatures présidentielles et législatives. Que devons-nous retenir d’essentiel ? D’un côté on constate la panique des pouvoirs publics devant la montée du mécontentement général et de l’autre côté, la détermination du Parti Communiste Réunionnais à peser sur les changements à venir.
Les manifestations sociales ont commencé par une grève des transporteurs qui s’étaient réunis en intersyndicale pour réclamer une baisse de 25 centimes du prix du carburant pour tous les automobilistes. Le préfet a dit que ce n’est pas possible et Didier Robert a déclaré que 25 centimes de baisse, il ne sait pas faire. Dès ce moment, appliquant les directives du gouvernement, le préfet et Didier Robert se sont moqués des professionnels de la route et ont divisé leur mouvement. La frange la plus radicale des transporteurs a résisté à la manipulation et a lancé l’appel à la population réunionnaise afin de leur venir en solidarité en élargissant le mot d’ordre jusqu’au prix des marchandises.
Pris à leur propre piège, le préfet et Didier Robert ont proposé des solutions où l’État n’a rien à débourser. C’est le mécontentement général et d’aucuns disent que cela va encore péter, sachant qu’à Mayotte et aux Antilles c’est l’État qui a mis la main à la poche. Personne à part nos deux compères n’est satisfait de ce résultat. Cela montre qu’il faut une mise à plat totale pour s’attaquer au monopole pétrolier et de la grande distribution, mais l’État ne veut pas de ce débat.
Alors ils pensent faire taire les Réunionnais en envoyant des manifestants en prison et en expédiant à La Réunion 570 policiers supplémentaires.
D’un autre côté, il y a le Parti Communiste Réunionnais qui voit dans l’ampleur des manifestations et l’incapacité du pouvoir à résoudre les problèmes, une illustration significative que le système politique dans lequel nous vivons est arrivé à bout de souffle. Il faut par conséquent un grand changement de politique, et pour atteindre cet objectif il faut un Parti communiste refondé sur des valeurs de solidarité, de respect, de fidélité, de partage.
La conférence extraordinaire de Sainte-Suzanne sera marquée dans l’Histoire réunionnaise comme un point de départ de ce grand changement tant espéré. Un programme a été voté et a été adressé aux candidats présidentiables. Nous attendons donc leur réponse.
Deux semaines après, le meeting de Saint-Louis a renforcé la conviction des communistes que le changement est possible dans 48 jours, et a même renforcé la détermination des communistes réunionnais à réformer leur Parti pour le mettre sur les rails d’un nouveau cycle qui commence.
Les semaines qui viennent seront décisives, car nous serons à un mois des élections et les candidats devrons abattre leurs cartes et annoncer leurs propositions concrètes pour l’Outre-mer.
J.B.
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