Edito

La dictature de l’asphalte et du béton ?

Ary Yée Chong Tchi Kan / 19 septembre 2019

Paul Vergès a évoqué à maintes reprises “la dictature de l’urgence” pour expliquer comment les réalités sont rattrapés par le facteur “temps”  ; il prônait d’inscrire l’immédiat dans une vision à long terme et programmer selon une démarche stratégique. Avec les outils moderne, l’avantage de la jeune génération politique est de disposer de tous les éléments sociologiques de l’analyse pour l’anticipation. A Madagascar, l’ancien Président Didier Ratsiraka avait lui aussi rappelé à plusieurs reprises ce concept de la “dictature d’urgence”.

L’édition du 16 septembre de Madagascar Tribune rapporte que des habitants ont manifesté contre “le remblayage d’environ une centaine d’hectares de rizières (...) prévu dans la plaine d’Ambohitrimanjaka. Les agriculteurs s’y opposent. Ce qu’il faudra faire est d’augmenter la surface rizicole pour lutter contre l’insécurité alimentaire et pour parvenir à une autosuffisance alimentaire.” L’article rappelle que ce remblayage est nécessaire pour réaliser un projet d’envergure, à savoir une nouvelle ville pour désenclaver la Capitale.

Ce qui constitue réellement une urgence, car la ville est asphyxiée, doit-elle se faire au détriment des intérêts des agriculteurs qui, eux, ont assuré jusqu’ici une économie de survie et un savoir faire indéniable ? En d’autres termes, peut-on éviter que la situation ne se transforme en dictature de l’asphalte et du béton ? Une société Malagasy fondée sur l’art du dialogue et de la fraternité devrait pouvoir désenclaver tout en préservant les rizières. Partout dans le monde on remet en cause l’idée d’urbaniser le rural. La richesse des sociétés rurales et leurs pratiques sociales sont des espaces de vie fondés sur des traditions qui ont résisté à la pression de la dictature de l’urgence.

Ary YEE CHONG TCHI KAN



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  • "C dans l’air" de ce soir sur France 5, une bonne émission où on apprend plein de choses en lien avec les actualités, a comme sujet ; Villages, forêts, nucléaire... la crise de l’eau". Tout est lié. Cela est mondial, nous sommes tous concernés, aussi bien ce qui égoistes comme toujours, se moquent des économies, des autres car ils ont les moyens de consommer, voire en fait, de gaspiller sans compter pour leur petit profit, confort à court terme, ce que le système encourage à faire, le bonheur est-ce bien cela, consommer, suivre les modes sans se poser des questions ? Il est temps de réagir, de penser à nos enfants, ceux nés et les autres à naitre. Ils risqueront, à juste raison de nous reprocher d’avoir bien profiter de ce que la nature nous offrait, pour faire des affaires, une honte sans altruisme. Trop de problèmes apparaissent, difficile de rester optimistes finalement, malgré les constats des experts, scientifiques, et même du pape. Trouvez-vous cela "normal" que personne ne réagisse vraiment ici ? Il n’y a qu’à voir les sempiternels bouchons matin, fin de journée, toutes ces bagnoles qui fument, à la queue le le, avec très souvent des moteurs diésels qui crachent des micro particules, pour nos poumons, on se prépare des cancers à profusion. Résignation, jemenfoutisme, ignorance complète, qu’importe, tout ça c’est grave, révélateur qu’ici aussi il y a du boulot ! Arthur qui ira en famille aus journées du patrimoine et à Ste Suzanne samedi matin pour nettoyer l’île de la Réunion que tout le monde aime mais qui en fait, est de plus en plus polluée, allez voir ce qui est déposé, abandonnéé discrètement, volontairement dans les ravines, les bords de mer, de route, buerk, pas beau tout ça, surtout quand on prétend défendre, développer le tourisme, quelle image donne-t-on aux gens de passage ? Combien de temps attendre, à perdre ?

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