Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
19 juin 2009, par

Des jeunes Réunionnaises et Réunionnais se battent depuis plusieurs semaines afin de garder leur emploi, après avoir consacré plusieurs années au service de l’Éducation nationale pour environ un millier d’euros par mois, et ils ne demandent même pas une augmentation de leur salaire. Ils souhaitent tout simplement pouvoir poursuivre leur tâche. Ils ont interpellé les représentants de l’État en charge de ce dossier — et employeur de ces jeunes —, mais le pouvoir a refusé de donner une suite favorable à cette attente, entièrement légitime.
Pire que ça : mercredi soir, le préfet a profité du fait que seulement trois femmes se trouvaient devant chez lui pour faire charger les manifestants et raser leur campement "marron". Les policiers sont même repartis avec toutes les affaires personnelles des assistants d’éducation et leur nourriture.
Le représentant de l’État qui a commis un acte aussi brutal contre des Réunionnais mesure-t-il le sentiment d’injustice qu’il a éveillé chez les victimes mais aussi l’indignation qu’il a suscitée dans toute la population éprise de respect ? Cet acte scandaleux ne manquera pas de nourrir la mémoire historique réunionnaise…
En tout cas, le comportement du préfet est tellement choquant que même un journal comme "Le Quotidien" va jusqu’à écrire hier : « On ne campe pas sous les fenêtres du gouverneur ». Comme quoi, ainsi que nous le disons souvent, la décolonisation de La Réunion n’est pas encore achevée.
Comment un représentant de l’État, donc du peuple, peut-il agir de la sorte envers des personnes sans défense et non-violentes ? Manifestement, le préfet s’est trompé d’époque et, après sa récente opération politique contre la Région avec des camionneurs, il a aidé à consolider dans l’opinion réunionnaise l’idée qu’il est incapable de résoudre les problèmes avec bon sens.
Avions-nous besoin d’une telle dérive d’un haut fonctionnaire de la République ? En tout cas, il a conforté les Réunionnais dans leur tradition de solidarité face à l’injustice, car la dignité ne se marchande pas, elle n’a pas de prix.
L. B.
Nos peines
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