Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
28 août 2010, par

Sortant d’un long sommeil médiatique, Nadia Ramassamy s’est fendue d’un communiqué en forme de profession de foi et d’exposé — un brin narcissique et plutôt brouillon — de ses capacités, diplômes et bonnes intentions.
Adressé aux rédactions (sauf celle de "Témoignages", selon la règle établie par Didier Robert), le document a le mérite de rappeler la position de son auteure, qui est, qu’on se le dise, 2e Vice-Présidente de la Région Réunion… Ce que l’on avait tendance à oublier, tant Mme Ramassamy était silencieuse depuis son élection.
Ils sont nombreux à penser qu’un souci électoraliste est à l’origine de ce réveil. C’est certainement vrai : lors de la campagne régionale, Nadia Ramassamy annonçait déjà son intention de « recevoir sans rendez-vous » dans son futur bureau de la Région. Traduction : la dirigeante du mouvement "AMPR", absorbée depuis par l’UMP, entendait surtout se servir de son mandat régional pour faire campagne, visant bien évidemment la Mairie de Sainte-Suzanne. Selon des observations plus affinées, il y aurait des raisons plus pressantes et plus internes à cette soudaine volonté d’exister à nouveau.
L’ancienne conseillère générale de Sainte-Suzanne avait apporté à Didier Robert la caution de celle qui n’appartient à aucun parti politique, refuse d’être étiquetée et se tient vertueusement à l’écart des positions de pouvoir. Un argument qui, comme les allumettes et comme l’honneur, est condamné à ne servir qu’une seule fois. Didier Robert l’a bien compris... et s’arrange pour laisser la "femme d’avenir" d’hier faire du sur-place, tout en favorisant l’ascension d’éléments plus prometteurs : transfuge de l’apolitisme moral vers l’UMP sarkozyste, Nadia Ramassamy est ainsi aujourd’hui sérieusement concurrencée.
À transfuge, transfuge et demie : tout porte à croire que c’est aujourd’hui Valérie Bénard qui est investie par l’ancien maire du Tampon. Atterrie sur la liste UMP après avoir cédé la cause des travailleurs pour un plat de lentilles, l’ex-cadre de l’ARAST est bien plus souvent mise en avant par l’équipe dirigeante de la Région que sa seconde Vice-présidente. Exemple parlant : c’est la nouvelle venue Valérie Bénard qui fut choisie par Didier Robert pour porter les couleurs de la Région au Conseil Général, lors de la décisive Assemblée plénière du 15 Juin dernier, où "Objectif Réunion" repartait à l’attaque du Palais de la Source. Une mission de représentation à la symbolique forte, où tout le monde attendait Mme Ramassamy : n’avait-elle pas occupé la 2e Vice-Présidence de l’Assemblée départementale du temps de Jean-Luc Poudroux ? Manière, pour l’ancien maire du Tampon, de lui signifier qu’elle était "out".
Si l’on ajoute à cela que la "lutte contre l’illettrisme" de Mme Bénard "mord" sérieusement sur celle de sa collègue, chargée d’une "solidarité et égalité des chances" à laquelle Didier Robert ne l’a pas vraiment aidée à donner un contour, on comprend mieux que Nadia Ramassamy cherche subitement à rappeler sa présence au bon peuple.
G.G.-L.
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