Edito

La forêt municipale qui gâche l’arbre régional

Philippe Yee-Chong-Tchi-Kan / 6 juillet 2020

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Tous les observateurs ont noté les très bons résultats de la gauche aux élections municipales de cette année. En ce sens qu’ils augurent des lendemains chantant pour les futures départementales et régionales.
L’histoire récente ne m’inspire pas autant d’optimisme.

Le scrutin municipal n’a jamais autant été favorable à gauche qu’en cette année de 2008. 50 ans après l’expulsion des communistes des municipalités démocratiquement élues et l’installation de délégations spéciales, par le Préfet Perraud-Pradier, le PCR défaisait les deux barons de la droite départementaliste réunionnaise (Bénard et Virapoullé) tout en partageant (à 50-50 avec le Modem-LPA) la victoire sur l’ancien Secrétaire départemental de l’UMP. Avec la Région et le Département (où socialistes et communistes composaient la majorité avec des acteurs de Droite Sociale), ces succès, additionnés à ceux du PS et à d’autres progressistes-compatibles, dressaient le profil d’une gauche réunionnaise destinée à diriger le pays pour de longues années.

Deux ans plus tard, pourtant, le Conseil Régional tombait de façon inespérée dans l’escarcelle de la Droite réactionnaire. Suivi un an après du Conseil Départemental. Et depuis 10 ans, la situation de La Réunion ne s’est pas améliorée. L’autonomie énergétique a régressé. Les chantiers routiers sont fantasques. Les monopoles se sont aggravés. Les décisions structurelles (filière canne, octroi de mer, responsabilité politique…) sont négligées. Ce pendant que la situation sociale des Réunionnais ne s’est guère améliorée.

Cette année, Bénard et Virapoullé ont également été battus, tout comme le leader régional, Didier Robert, par des équipes de gauche. L’histoire se répéterait-elle ? La multiplicité des gauches est-elle vouée à échouer à présenter une liste unique aux régionales ?
J’ose espérer que la génération qui porte l’espoir de la gauche actuelle ne fera pas les mêmes erreurs que leurs aînés.

Philippe Yée-Chong-Tchi-Kan