Edito

La France a rendez-vous avec ses possessions coloniales

J.B. / 6 décembre 2017

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Les élections en Corse, le référendum en Nouvelle Calédonie et les Assises des Outre-mer questionnent la nouvelle mandature présidentielle sur la relation de la France avec ses dépendances coloniales. C’est la fin du droit commun. Pour autant, est-ce à dire que l’ère de la Responsabilité a sonné pour tous les dirigeants politiques parisiens ?

Dimanche, le deuxième tour des élections en Corse conduiront au pouvoir les nationalistes. La grande leçon c’est qu’ils auraient pu gagner tout seul, dès le premier tour. L’autre leçon c’est l’élimination de tous les partis parisiens. Ce souffle d’émancipation atteindra-t-elle les Caraïbes, le Pacifique et l’Océan Indien ?

Le Président était récemment en Guyane pour donner sa lecture des Assises des Outre-Mer. C’était inscrit dans son programme électoral. Il pense avoir trouvé la solution à travers le vote d’un “véhicule législatif unique”.

Au même moment, le Premier ministre était en Océanie, un an avant le scrutin d’autodétermination en Nouvelle Calédonie. Il y est resté 4 jours dans la zone pour écouter, puis a donné son point de vue dans un discours prononcé mardi 5 décembre. Nous retiendrons 3 tweet.

“Nous allons vers la consultation de 2018 par un chemin que nous construisons chaque jour, mais balisé il y a de longues années par des hommes justes et grands.”

“Je ne veux pas préjuger de ce à quoi nous aboutirons. Mais j’ai confiance dans le sens des responsabilités de chacun et dans l’héritage d’une pratique politique à nulle autre pareille.”

“Le jour du scrutin, le peuple calédonien va se prononcer sur l’avenir politique de la Nouvelle-Calédonie, de manière totalement autonome. L’Etat y apporte et y apportera son plein concours. Mais, en définitive, ce sera bien le peuple calédonien qui se prononcera souverainement.”

Dans la mesure où les mots ont été pesés, le discours apporte des réponses à la question posée sur la Responsabilité des dirigeants politiques parisiens vis-à-vis de 5 siècles d’héritage colonial. A la veille du 60e anniversaire du PCR, rappelons l’acte majeur d’émancipation de la tutelle des Outre-mer vis-à-vis d’un parti parisien, le PCF. Elle a été remplacée par une relation d’égalité et de solidarité même si, tout au long de ces 6 décennies, il y a eu quelques couacs. Ce rapport responsable nous a valu beaucoup d’inimitié. Un parti parisien a même dépêché un ancien Premier ministre, Michel Debré, qui a utilisé tous les moyens inimaginables pour nous combattre. Le PS s’est évertué à nous éliminer. Aujourd’hui, le droit commun est fini. L’appel à l’émancipation et à la responsabilité des outre-mer est si fort qu’il pourrait franchir les frontières de la Gaule.



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  • Les marchandages en cours visent à calmer le mécontentement de la population modeste. Mais pour elle, le problème le plus urgent est la pauvreté qui explose dans les quartiers kanaks de la capitale, Nouméa, où les jeunes sont très nombreux, souvent à la dérive, sans travail ni qualification, en partie illettrés. Et la délinquance pourrit la vie des habitants. À la prison de Camp-Est, plus de 90 % des détenus sont des Kanaks.

    Les richesses de l’archipel permettraient peut-être de combattre la pauvreté, si elles étaient employées dans ce but. Mais quand les notables de la Nouvelle-Calédonie évoquent sa prospérité future, ils parlent des sociétés minières, des bourgeois grands et petits, pas des travailleurs, des cultivateurs pauvres ou des habitants des bidonvilles de Nouméa.

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  • La Nouvelle-Calédonie, dont deux des trois provinces sont dirigées par des indépendantistes, dispose déjà d’un drapeau et d’un hymne. Mais l’indépendance pourrait entraîner un recul des salaires et des avantages sociaux, et elle ne sera pas forcément le choix de tous les Kanaks, en particulier des 40 % qui vivent en ville, surtout à Nouméa. Quant aux Caldoches riches, l’indépendance peut leur offrir des occasions supplémentaires de profits. Il ne faut pas non plus oublier les immigrés asiatiques, que la France a fait venir pour contrer les Kanaks et qui peuvent peser dans le débat, en fonction entre autres de leur pays d’origine.

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