Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
4 juillet 2020, par

Le comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF) a présenté hier le bilan de son action pour l’année 2019. Parmi les données, celles des fraudes fiscales et aux prestations sociales sont sous le feu des projecteurs. En 2019, 33 mouvements transfrontaliers de fonds non déclarés ont été consignés. Cette évasion fiscale s’élève à plus de 500.000 euros. Les fausses déclarations sur les biens importés a donné lieu à une fraude de 5,4 millions d’euros. Durant la même période, les contrôleurs des impôts ont identifié pour 35,7 millions d’euros de fraude fiscale, qui ont donné lieu à 13,6 millions d’euros de pénalités. Le CODAF indique aussi qu’en 2019, « le préjudice total de la fraude aux prestations sociales à La Réunion est de 14,3 millions d’euros (15,4 millions d’euros en 2018) ».
La fraude fiscale ne peut être accomplie que par une personne ou une entreprise qui gagne suffisamment pour être imposable. Ceci ne peut donc pas concerner les trois-quarts de la population qui n’a pas de revenus suffisants pour payer des impôts. Rappelons aussi qu’à La Réunion, les familles imposables et les entreprises bénéficient d’importants avantages fiscaux, ce qui n’empêche pas malgré tout l’existence d’une fraude fiscale d’importance. Bien qu’elle soit donc le fait d’une minorité, elle est au moins deux fois plus préjudiciable que celle concernant les prestations sociales. Et sans doute cette fraude des riches est plus importante, car les syndicats du Trésor public ne cessent de demander des moyens supplémentaires pour lutter contre la fraude fiscale. Mais c’est la fraude aux prestations sociales qui est le plus souvent mise en valeur par des médias à grande diffusion. Ceci va dans le sens du gouvernement, qui veut faire croire que ce sont les victimes de ce système qui sont responsables de leur mise au chômage ou de leur pauvreté.
Le choix de cibler sur la fraude aux prestations sociales plutôt que sur la fraude fiscale a donc une conséquence : faire croire qu’à première vue, c’est la fraude des pauvres qui est la plus intolérable. Or en réalité, c’est la fraude des riches qui coûte le plus cher à l’État, et c’est dans ces montants considérables détournés du fisc que se situent d’importantes recettes qui sont dues à la collectivité.
M.M.
Nos peines
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