Edito

La gestion française de la COVID-19 en question

Julie Pontalba / 2 octobre 2020

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« Selon les autorités sanitaires, on recense :
• 511 cas importés (personnes qui ont contracté la maladie en dehors du territoire) dont 64 cas issus d’une évacuation sanitaire au titre de la solidarité régionale
• et 3 258 cas autochtones (personnes ayant un lien indirect ou n’ayant aucun lien avec un cas importé).
16 patients en réanimation
Ce mercredi 30 septembre, 53 patients atteints de la Covid-19 sont hospitalisés au CHU de La Réunion, dont 16 en service de réanimation. »

A cette heure, nous avons passé le cap des 4000 personnes contaminées. Les trois quarts sont des cas autochtones. Et, personne n’est capable de prédire l’avenir immédiat. Les fêtes de fin d’années semblent condamnées ; les activités économiques et commerciales compromises. Il ne manque plus qu’un cyclone dévastateur pour corser le tout.

Nous serons en été ; le moment de sortir pour vivre le plein air ; ce sera impossible et les policiers sont à l’affût. Les rencontres familiales sont proscrites. Les enfants seront intenables. Ce sera une nouvelle forme de confinement. Alors, la tendance actuelle est de culpabiliser les Réunionnais. On voudrait faire croire que la population réunionnaise serait la seule responsable de cette situation. Cependant en comparant les situations des pays de la zone ayant une population à peu près équivalente il n’est pas difficile de voir que la gestion française de crise a été la moins efficace.

Maurice : 1 265 000 habitants, 381 cas de COVID-19 et 10 décès
La Réunion : 859 959 habitants, 3993 cas de COVID-19 et 16 décès
Mayotte : 279 471 habitants, 3779 cas de COVID-19 et 42 décès
Seychelles : 100 191 habitants, 50 cas de COVID-19 et 0 décès

Que reste-t-il à faire ? Les mesures générales ont montré leurs insuffisances. Par contre, il n’est pas trop tard pour durcir le contrôle à l’aéroport avec la réinstallation des quatorzaines obligatoires. Cela a montré son efficacité et il s’agit toute de même de l’intérêt sanitaire public. Tout cela en continuant de répertorier les endroits contaminés et les circonscrire. La protection des secteurs et personnes non contaminées est cruciale. C’est bien là le rôle des pouvoirs publics, n’est-ce pas ?

Julie Pontalba