Edito

La grande diversion terminée, rien n’est réglé

J.B. / 16 juillet 2018

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La soirée d’hier a vu d’importantes manifestations à La Réunion, elles sont le résultat d’un match de football opposant deux sélections nationales d’hommes jeunes dont celle de la France. Des concerts de klaxons et de voitures bardées de drapeaux français ont signalé la victoire de l’équipe française. Beaucoup sont ceux qui saluent un moment qui permet d’oublier les difficultés de la vie quotidienne. Mais oublier ne signifie pas que ces problèmes disparaissent.

Ils sont rappelés dans une étude de l’INSEE parue vendredi. Elle indique qu’à La Réunion, le nombre d’emplois salariés a baissé au premier trimestre 2018. L’INSEE voit dans cette baisse une conséquence des mesures de diminution des emplois aidés. La décision est venue de la France. C’est la conséquence d’une politique fiscale qui a pour but de diminuer la contribution des plus riches au fonctionnement de l’État. Comme le gouvernement prive l’État de recettes, il décide de baisser les dépenses publiques au prétexte de présenter un budget équilibré. Un des effets de cette baisse est la diminution des emplois aidés.

Les emplois aidés n’ont jamais été la panacée. Mais à La Réunion, ils permettent de répondre à l’urgence sociale, car le système en place a poussé la productivité à un point tel qu’il n’a besoin que de la moitié des travailleurs pour fonctionner. Ces emplois aidés sont souvent les seuls moments qui permettent d’échapper temporairement au chômage de longue durée. C’est cette bouée de sauvetage que le gouvernement a choisi de supprimer.

La grande diversion est terminée, rien n’est réglé et les conditions sont réunies pour l’aggravation de la crise sociale.

J.B.