Edito

La hausse des taxes sur les carburants décidée par la Région Réunion coïncide avec les difficultés du chantier de la route en mer

J.B. / 14 novembre 2018

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Ce 17 novembre, un mouvement de protestation contre la vie chère est annoncé. La hausse du prix des carburants est un motif d’insatisfaction. En France, cette hausse est surtout due à un relèvement de la fiscalité. L’objectif du gouvernement est d’augmenter le taux de taxation du diesel afin de rendre ce carburant moins attractif, car il est plus polluant que le super sans plomb.

À La Réunion, la décentralisation rend la Région Réunion totalement autonome sur le plan de la fiscalité des carburants. C’est pourquoi le prétexte invoqué par la majorité régionale pour augmenter la taxe sur le diesel ne tient pas. En effet, aucune loi n’oblige la collectivité à utiliser le levier fiscal pour faire converger par le haut les prix du diesel et du super sans plomb.
Or, comme l’a rappelé « le Quotidien » d’hier, le but de la majorité conduite par Didier Robert est d’amener le niveau de la taxe sur les carburants au même niveau qu’il sera en France en 2023. C’est dire que les Réunionnais doivent s’attendre à voir augmenter cet impôt qui sert à financer les travaux routiers.

Quand Paul Vergès était président de la Région Réunion, le taux de la taxe fixée par la Région sur les carburants n’a jamais augmenté. Pourtant durant cette période, les Réunionnais ont pu constater que de nombreux investissements ont été réalisés, dont voici les plus coûteux : route des Tamarins, boulevard Sud de Saint-Denis, contournements de Bras-Panon, Sainte-Marie, Grand-Bois, pose de filets et d’un mur de protection sur les 12 kilomètres de la route du littoral pour diminuer le nombre de jour de fermeture.
Quand Didier Robert est arrivé à la présidence de la Région Réunion, il a d’abord achevé le pont de la rivière Saint-Étienne. C’est la seule livraison d’infrastructure qui est à mettre à l’actif de son bilan, au bout de 8 ans de mandat. Si le pont de la rivière des Galets est un projet qui pourra être mené à bien, il en est tout autrement de la route en mer, et c’est sans doute là que réside l’explication à la flambée de la taxe sur les carburants.

En effet, faute d’une expertise technique et financière analogue à celle du chantier du tram-train, c’est l’opacité la plus totale. Aucune garantie n’existe quant à la réalisation de l’ouvrage promis en 2010, car 8 ans après l’élection de Didier Robert, les matériaux nécessaires à la réalisation de la digue entre La Possession et la Grande Chaloupe ne sont toujours pas disponibles. Il reste la possibilité d’ouvrir une demi-route en mer entre la Grande-Chaloupe et Saint-Denis avec un viaduc. Mais cela suppose des frais supplémentaires pour raccorder la route qui passe sur ce pont à la route du littoral actuelle, avec un surcoût d’ores et déjà estimé à 70 millions d’euros.

La coïncidence du fiasco du chantier de la route en mer et de l’annonce de la hausse continue sur plusieurs années de la taxe qui contribue en partie à son financement interpelle forcément. Elle montre bien que les Réunionnais n’ont pas fini de subir les conséquences d’un projet qui n’a pas été suffisamment expertisé. D’où l’importance de cette expertise technique et financière pour rechercher la solution la plus appropriée dans l’intérêt de la population.

J.B.