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20 octobre 2020, par

Au vu de l’agrandissement du gouffre de l’inégalité sociale qui existe dans nos sociétés, une partie de la population est obligée de vivre avec peu de ressources. L’éradication de la grande pauvreté est le plus grand défi auquel doit faire face l’humanité. Pour se faire plusieurs conceptions s’entrechoquent, la charité, la solidarité et la justice sociale.
La charité est synonyme de justice dans le judaïsme, selon le Commandement divin, et s’inscrit dans le principe de Tsédaka. Elle désigne, selon la théologie chrétienne, l’amour de l’homme pour Dieu pour lui-même et l’amour du prochain comme créature de Dieu. La charité est en outre définie comme l’une des trois vertus théologales du christianisme (aux côtés de la foi et de l’espérance). Dans le langage ordinaire, la charité est une vertu qui porte à désirer et à faire le bien d’autrui. Elle rend donc service aux gens, et est un acte inspiré par l’amour du prochain.
La solidarité est souvent appréhendée comme une démarche individuelle sous la forme d’un engagement volontaire pour venir en aide à ceux qui souffrent. Elle incarne une action valorisée socialement, mais dont on aime à rappeler le caractère électif : « Solidaire, oui, mais seulement si je veux… » Les défenseurs de la pensée libérale classique, qui se méfient depuis toujours d’un État social bureaucratique gouverné par une administration jugée contraignante, ne peuvent qu’encourager ces formes spontanées et souvent généreuses de la solidarité privée. Ils sont relayés par tous ceux qui aujourd’hui déplorent une culture de la déresponsabilisation individuelle et vont, dans certains cas, jusqu’à dénoncer l’imposture des droits sociaux.
La justice sociale quant à elle est une construction morale et politique qui vise à l’égalité des droits et conçoit la nécessité d’une solidarité collective entre les personnes d’une société donnée. La justice sociale donne un cadre d’organisation global de la société pour vaincre la grande pauvreté, en contradiction avec la charité et la solidarité qui sont des démarches individuelles. Certains ne se reconnaissent plus dans les concepts de droite et de gauche certainement parce qu’ils n’ont jamais adhéré à la vision de justice sociale. C’est d’autant plus navrant pour des responsables politiques dits de gauche qui démontrent par ce fait leur absence d’ambition pour une société plus juste. Il serait nécessaire qu’ils se souviennent qu’ils sont en CDD révocable à chaque élection.
« Donner à chacun ce qui lui correspond, autrement dit, selon sa contribution à la société, ses besoins et ses réussites personnelles » Aristote.
Nou artrouv’
David Gauvin
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