La liberté de blasphémer

22 janvier 2005

(Page 2)

Le 43ème président des États-Unis a prêté serment, le 20 janvier, la main gauche sur une bible, répétant les formules du premier juge de la Cour suprême, William Rehnquist. Il était entouré comme tous ses prédécesseurs, d’un parterre de dignitaires du régime.

Le régime “Bush”. Celui d’un homme dont le cerveau est prisonnier d’une vision manichéenne du monde, dans lequel la “liberté” est l’égérie guerrière d’un nouvel impérialisme.

Allumant partout des brandons de guerre, semant ruines et désolations, il appelle cela "libérer le monde".
Pendant ce temps, des milliers d’opposants à la politique extérieure de Bush manifestaient à proximité de la Maison Blanche. Leur "liberté" à eux est de n’être jamais entendus.

Et comme s’il ne suffisait pas à Bush de s’adresser au peuple américain - profondément divisé sur ses “priorités” - le président réélu a asséné au monde vingt minutes d’un "discours de la liberté", qu’il faudra garder comme un morceau d’anthologie.

Liberté... dit-il.
Liberté des marchands de canon d’étendre leur emprise sur le monde.
Liberté pour de fieffés menteurs de faire croire à l’existence d’armes de destruction massive.
Liberté pour les idéologues des campagnes coloniales “made in USA”.
Liberté des militaires d’intervenir dans la vie politique intérieure et de contrôler chaque citoyen, au crible de l’USA patriot Act.
Liberté de vider de tout contenu le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Cette liberté- là est celle d’un parjure et, si l’on en croit sa main posée sur la bible, d’un blasphémateur.

Pascale David


Signaler un contenu

Un message, un commentaire ?


Témoignages - 82e année


+ Lus