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31 juillet 2020, par

En l’espace de deux semaines, La Réunion a perdu deux grands artistes, figures du Maloya, inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité. Au-delà de leur rôle d’artiste, ils ont été d’abord des militants de la cause réunionnaise.
Le 5 juillet, nous apprenions le décès de Tiloun Ramoune, de son nom d’artiste et le 21 juillet celui de Simon Lagarrigue. Lors du 1er conseil municipal du 8 juillet, la Maire nouvellement élue de Saint-Denis, Ericka Bareigts a fait observer une minute de silence à la mémoire de Tiloun. Le nouveau président de la CINOR, Maurice Gironcel en a fait de même pour Simon, au séminaire des nouveaux élus de l’intercommunalité du nord, le mercredi 22 juillet. C’était un geste politique et symbolique pour ces personnes exceptionnelles qui ont porté et fait vivre, notre langue et notre musique. Ce sont des marqueurs importants de notre identité.
Simon Lagarrigue était aussi militant du Parti communiste Réunionnais. On peut reprendre ici une partie du communiqué du PCR suite à l’annonce de son décès : « Simon Lagarrigue est l’image du militant fidèle à ses engagements jusqu’au bout. Avec ses camarades, il venait souvent animer les grandes assemblées du PCR avec le Maloya. Son engagement anti-colonialiste l’a amené à se rendre à Madagascar avec l’association REAGIES. En mars 2017, il était à Moramanga pour commémorer avec les Malgaches le 70e anniversaire de la répression de la révolte de 1947. Les larmes aux yeux, il fit part de sa solidarité envers un peuple durement éprouvé par la colonisation. »
Simon était présent au Congrès de 1976 qui a été un tournant dans l’histoire du Maloya. Il a enregistré les premiers disques, initiés par le PCR. Il faisait la synthèse entre politique et identité, unies dans la résistance à l’assimilation culturelle française et l’intégration aux normes d’un pays situé à 11 000 Km. Au moment où la tendance est de marginaliser le PCR, il est bon de rappeler l’époque où les Préfets interdisaient l’expression populaire, politique et musicale. Les militants du PCR luttaient en faveur des droits humains fondamentaux, au risque de leur vie.
Le Maloya s’est fait connaître sur les scènes de la Fête de Témoignages, journal de la résistance, interdit de lecture dans les lieux officiels. C’était l’époque où il ne s’agissait pas de prendre part aux clivages droite/gauche importés de France mais de la lutte anti-coloniale. Cette lutte était la nôtre et elle a été meurtrière. La disparition de Tiloun et Simon nous rappellent ces combats mais la lutte n’est pas terminée.
Julie Pontalba
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