La main invisible de l’État

11 mars 2006

Jeudi, devant son baro, une famille de La Chaloupe a perdu une enfant de 3 ans, écrasée sous ses yeux par le bus qui la transportait.
Toute la lumière sera-t-elle faite sur la totalité des circonstances ayant présidé à une telle tragédie ? Il faut l’espérer car, une fois encore, le malheur s’abat sur une famille défavorisée et il serait insupportable qu’on tente d’esquiver les questions brûlantes en invoquant fatalité, malchance et responsabilité du chauffeur.
À moins de feindre la cécité, comment ne pas voir dans ce drame la main invisible du désengagement de l’État sur le front de l’emploi ? Comment oublier que, de 1997 à 2002, des accompagnateurs veillaient à la sécurité des enfants dans les bus scolaires ? Sécurité pendant le trajet. Sécurité au moment de la montée et de la descente du car. Or jeudi, jour du drame, pas d’accompagnateur dans le bus. Pourquoi ?
Tout simplement parce que, lors de son arrivée aux affaires en 2002, le gouvernement Raffarin - applaudi à La Réunion par ses amis politiques*-, a supprimé les emplois-jeunes, y compris ceux qui, dans les bus scolaires, veillaient sur les enfants des familles aux revenus modestes. Le drame survenu à La Chaloupe démontre ainsi, et d’atroce façon, que les plus démunis paient toujours le plus lourdement le prix du désengagement de l’État.

Manuel Marchal

* cf. Jean-Paul Virapoullé : « Les bons remèdes du gouvernement Raffarin » - Jir 01/10/2003


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Témoignages - 82e année


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