Edito

La pédocriminalité en France, la honte change de camp

Julie Pontalba / 22 janvier 2021

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Suite à la dénonciation de Olivier Duhamel pour des faits d’inceste sur son beau-fils de 14 ans, des démissions tombent à la pelle depuis quelques semaines. A commencer par Olivier Duhamel lui-même qui a démissionné de ses très nombreuses et hautes fonctions. En d’autres temps, pas si lointain, il n’aurait pas eu à le faire. Le livre de sa belle fille a donc fait mouche !

Ensuite, Élisatbeth Guigou, proche de l’intéressé a dû renoncer à présider la commission indépendante mise en place par le gouvernement, en décembre dernier, pour lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants. Puis, le préfet Marc Guillaume, ancien secrétaire général du gouvernement a démissionné de tous les conseils d’administrations ou il siégeait avec son comparse Duhamel (Sciences Po, la revue Pouvoirs, le club Le Siècle). Enfin, Alain Finkielkraut, « philosophe » et chroniqueur a dû quitter son poste à LCI. Il est accusé d’avoir eu des positions très controversées lors d’une émission en remettant en cause la notion de consentement chez des enfants, et en laissant entendre que les jeunes victimes pouvaient être participatives.

Toutes ces démissions paraissent normales, aujourd’hui, et pourtant il y a peu, cela aurait paru impensable. Pour des propos très similaires en 2009, M. Finkielkraut n’a eu aucune remarque ! En 1990 Bernard Pivot reçoit dans son émission Apostrophe, l’écrivain Gabriel Matzneff. Ce dernier venait de sortir un roman où il racontait ses rapports avec de jeunes enfants. Sur le plateau tout le monde rigolait et M. Pivot était très amusé par les anecdotes. Seule une écrivaine canadienne présente sur le plateau s’en est offusquée. Elle se fit insulter sur les plateaux TV. A l’époque, la justice n’avait pas bougé d’un poil alors que le délit était constitué. Aujourd’hui, autant Matzneff que Duhamel sont inquiétés par justice ; enfin, dirons-nous !

Il aura fallu du temps pour qu’une certaine partie bien pensante de la société soit enfin dénoncée, pointée du doigt, et que la honte soit enfin sur eux. Il a fallu du temps pour que la société rejette ce genre de personne et ceux qui les couvrent. Il a fallu du temps pour qu’enfin la justice fasse son travail et protège les enfants par rapports à ces prédateurs.

Maintenant, il faut que la loi évolue, qu’elle soit plus sévère contre les pédocriminels et que le crime soit imprescriptible. Ces actes sont indignes d’une société civilisée.

Julie Pontalba