Edito

La prime de fin d’année accentue les inégalités car l’État refuse de payer

J.B. / 22 décembre 2018

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La question de la lutte contre les inégalités est au cœur du mouvement social déclenché par les gilets jaunes le 17 novembre. Pour tenter de stopper la dynamique, le gouvernement a décidé plusieurs mesures. Sur la question des salaires, une des décisions va encore accentuer les inégalités : le versement d’une prime exceptionnelle qui ne sera pas soumise aux cotisations sociales et fiscales des entreprises.

Cette proposition faite par le président de la République laisse son montant au bon vouloir des employeurs. Le premier à se prononcer est l’État. Il a décidé de ne rien donner. En France, la Région Bourgogne-Franche Comté a choisi ce verser une prime de 200 euros à 4.500 agents. Qu’en est-il des autres collectivités ?
De plus, la totale liberté laissée aux entreprises sur ce point entretient les tensions. De grands groupes français ont donné une suite favorable, dont Total et la SNCF. Pour Engie, la prime exceptionnelle sera réservées à ceux qui gagnent moins de 2000 euros par mois.

A La Réunion, il est clair que de nombreuses entreprises vont s’appuyer sur l’existence d’un mouvement social susceptible de provoquer des pertes pour refuser de verser cette prime. Tous les fonctionnaires d’État en seront exclus alors que c’est l’incertitude dans les collectivités.

Il eut été plus simple que l’État prenne à sa charge le coût d’une décision du gouvernement, afin de l’appliquer à tout le monde, notamment les personnes qui dépendent des prestations sociales pour survivre. Ceci aurait permis d’éviter qu’une nouvelle décision de Paris accentue les inégalités à La Réunion.

J.B.