Edito

« La purge », dramatique conséquence d’un système violent

J.B. / 2 novembre 2018

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Le phénomène dit de « la purge » évoque un moment où plus aucune loi ne s’applique si ce n’est celle du plus fort. Cela s’est traduit dans un film éponyme reprenant bon nombre de codes de jeux vidéos, où pendant une nuit dans l’année, l’application des lois était suspendue, les numéros d’urgence ne répondaient plus, et plus aucun secours n’était organisé. Pour l’État de ce pays imaginaire, c’était officiellement la possibilité de diminuer la violence les autres jours de l’année. Mais c’était surtout pour lui le moyen d’éliminer un maximum de personnes survivant grâce aux dépenses publiques, car les plus faibles n’avaient pas les moyens de se protéger.

Avec le développement des technologies de communication, La Réunion est en prise directe avec le reste du monde. C’est ce que rappelle la célébration annuelle d’Haloween, avec ces groupes d’enfants qui demandent des bonbons à leurs voisins. C’est ainsi qu’est arrivée « la purge » à La Réunion. Dans la nuit de mercredi à jeudi, des jeunes ont été confrontés à des policiers dans plusieurs communes de La Réunion. Des biens ont été détruits, des personnes blessées et une vingtaine d’arrestations sont à dénombrer. Ces scènes sont l’écho de celles de France, où de pareils faits similaires sont à constater dans de nombreuses villes. Toutefois, dans ce pays de 60 millions d’habitants, ce sont une centaine d’arrestations qui ont été comptabilisées, soit 5 fois plus pour une population 70 fois supérieure. Ceci donne une idée de l’ampleur du phénomène à La Réunion.

De plus, les organisateurs de « la purge » avaient prévenu à l’avance du mouvement. Ceci avait donc donné la possibilité à la police de s’organiser pour y faire face. La confrontation était donc inévitable car voulue. L’ampleur du phénomène à La Réunion rend donc compte une fois de plus de l’état de crise de notre pays. Elle montre qu’une partie de la jeunesse est en rupture avec les moyens d’expression traditionnels de ce système. C’est une des conséquences d’un système qui ne fait aucun cadeau à la jeunesse, d’où la réaction de certains jeunes qui estiment ne pas avoir à lui en faire non plus. Ce qui laisse à penser que ce genre de phénomène est amené à s’amplifier au cours des années à venir, tant que l’objectif ne sera pas de dégager les moyens nécessaires pour que tous les jeunes et leurs parents se sentent respectés par une société qui leur donne la place à laquelle ils ont droit.

J.B.