Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
15 juin 2009, par

Samedi dernier s’est déroulé au siège dionysien du Conseil de la Culture, de l’Éducation et de l’Environnement, présidé par Roger Ramchetty, un événement exceptionnel, même si la conférence qui l’a suivi a peu intéressé les médias. Il s’agit de la présentation des propositions de Kiltir Partou aux rapporteurs de la commission 8 des États Généraux de l’Outre-mer (la commission Identité, Culture et Mémoire).
Pourquoi cet événement est-il important ? Parce que ces revendications sont portées globalement par une quarantaine d’associations très diverses du monde culturel, éducatif et artistique, sur des questions fondamentales du développement durable de notre pays, comme l’éducation, la langue, la culture, la mémoire historique, la vie professionnelle du domaine culturel, le respect du droit à l’emploi pour tous les Réunionnais etc.
Certes, on peut toujours critiquer telle erreur ou telle carence dans ce document de pas moins de 75 pages, sur lequel ont travaillé une demi-douzaine de commissions et les assemblées plénières du collectif pendant trois mois. Mais il faut avant tout savoir reconnaître qu’un tel travail militant, porteur des aspirations du peuple réunionnais pour valoriser les atouts de son identité culturelle, a été réalisé pour la première fois de notre Histoire.
Nous avons là une nouvelle preuve de la capacité des Réunionnais d’unir leurs forces, dans le respect de leurs différences, pour faire avancer leurs causes. Nous voyons aussi, ainsi que l’a souligné Laurent Médéa, porte-parole de Kiltir Partou, comment cette union peut élargir le front des militants culturels et le renforcer.
On se souvient que dans les années 50 et 60, les communistes étaient pratiquement les seuls, avec quelques artistes émérites, à mener le combat pour promouvoir notre langue créole, pour sortir le maloya des interdits, pour faire reconnaître le 20 Désanm comme la Fête réunionnaise de la Liberté etc. Peu à peu, d’autres militants réunionnais ont rejoint ce combat et des progrès ont pu être accomplis dans le domaine culturel comme sur le plan social et politique.
Mais le rouleau compresseur de l’assimilation est toujours en marche et les séquelles de la colonisation font encore de gros ravages dans tous les secteurs, en frappant surtout les plus pauvres (400.000 Réunionnais sous le seuil de pauvreté). Voilà pourquoi le plus important est de se battre ensemble chaque jour pour mettre en place une autre politique car, comme dit Kiltir Partou, « La Rényon lé an nou ».
L. B.
Nos peines
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