Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
30 mai 2017, par

Le 10 mai dernier, le gouvernement sortant publiait un de ses derniers actes : un décret annonçant une aide d’État de 38 millions d’euros pour la filière canne-sucre des Outre-mer. Cette aide sera versée tous les ans jusqu’en 2020. La Réunion bénéficie de 28 millions d’euros. Cette somme est versée aux entreprises sucrières. À La Réunion, il n’en existe qu’une, c’est Tereos.
Depuis hier, les planteurs ont lancé des actions pour faire entendre leur revendication, l’augmentation du prix de la canne. Ils se heurtent à l’intransigeance de l’industriel qui refuse cette hausse. Quant aux 28 millions d’euros, il refuse de partager avec les planteurs. Ce comportement était prévisible, l’industriel n’est pas un philanthrope. Si Tereos a racheté les deux dernières usines sucrières de La Réunion, c’est pour faire du profit.
Or, ce qui est en jeu ce n’est pas seulement les deux usines, c’est toute une filière. Pour éviter le conflit, le décret du gouvernement aurait dû spécifier précisément que la filière canne-sucre devait être destinataire de l’aide publique d’une part. D’autre part, la répartition de l’aide entre Tereos et les planteurs devait figurer dans le décret.
Mais rien de tout cela alors que la décision de la Commission européenne datait de décembre dernier. Le gouvernement avait le temps de préparer un décret tenant compte de ces données. Il n’en a rien été.
Or, des candidats aux législatives tentent de récupérer à leur profit cette aide. Selon Philippe Le Constant, c’est Jean-Claude Fruteau qui a sauvé les planteurs. Tandis que Ericka Bareigts veut aussi tirer la couverture à elle. L’ancienne ministre est pourtant responsable de cet oubli dans le décret. Au moment de l’arbitrage, elle a été incapable de faire respecter les intérêts des planteurs. À quoi a donc servi son poste de ministre ? Comment peut-elle encore revendiquer le droit de continuer à siéger encore 5 ans à l’Assemblée nationale avec un tel bilan ?
J.B.
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