Une exception en Afrique

La Réunion à l’écart du dynamisme de la coopération sino-africaine

4 mai, par Manuel Marchal

À La Réunion, les règles de l’Union européenne limitent l’accès aux échanges régionaux, maintenant des prix élevés et une dépendance à l’Europe. À l’inverse, la Chine supprime les droits de douane pour 53 pays africains, dont tous nos voisins membres de la COI stimulant exportations, emplois et industrialisation, comme au Rwanda ou au Mozambique, et renforçant la coopération Sud-Sud.

À l’heure où la Chine déploie une ambitieuse politique de droits de douane zéro à destination de nombreux pays africains, une réalité contraste fortement en Afrique : La Réunion reste à l’écart de cette dynamique. En tant que région ultrapériphérique de l’Union européenne, son régime douanier est fixé à Bruxelles, avec pour priorité la protection des productions européennes. Cette orientation se traduit par des prix souvent élevés, difficilement soutenables pour la classe la plus nombreuse, les pauvres. À cela s’ajoute une tendance persistante à privilégier les échanges avec l’Europe, au détriment d’une ouverture vers l’environnement régional, pourtant riche en opportunités économiques.

Favoriser la création d’emplois dans notre continent

La politique de droits de douane zéro mise en œuvre par la Chine pour 53 pays africains marque ainsi un tournant majeur dans les relations économiques avec le continent. En supprimant les barrières tarifaires, Pékin entend stimuler les échanges commerciaux, favoriser l’industrialisation africaine et ouvrir de nouvelles perspectives de développement partagé.
Au Rwanda, cette dynamique est déjà visible. Dans le district de Kayonza, la culture du piment rouge s’impose comme une véritable opportunité économique. Grâce à l’accès facilité au vaste marché chinois, des centaines d’agriculteurs voient leurs revenus augmenter de manière significative. Des entreprises locales, comme Fisher Global, ont considérablement étendu leurs surfaces cultivées et leurs volumes d’exportation, créant au passage de nombreux emplois.

Accroître la valeur ajoutée locale

Cette politique ne se limite pas à l’agriculture. Dans des pays comme le Mozambique, des investissements chinois dans la transformation industrielle, notamment dans le graphite, illustrent une volonté de dépasser le modèle traditionnel d’exportation de matières premières. L’objectif est clair : accroître la valeur ajoutée locale et soutenir une modernisation économique durable.
Parallèlement, la coopération technique joue un rôle essentiel. Dans le secteur agricole mozambicain, l’appui d’experts chinois a permis d’améliorer les rendements et la qualité des semences, contribuant ainsi à renforcer la sécurité alimentaire et les capacités productives nationales.

Partenariat et bénéfice mutuel

Dans un contexte mondial marqué par la montée du protectionnisme, cette initiative s’inscrit à contre-courant. Elle promeut une vision d’économie ouverte et inclusive, fondée sur le partenariat et le bénéfice mutuel. Les institutions africaines et internationales saluent d’ailleurs cette orientation, y voyant une réponse concrète aux vulnérabilités économiques du continent.
Au-delà des chiffres, la politique de droits de douane zéro symbolise un approfondissement de la coopération Sud-Sud. Elle offre aux pays africains une diversification de leurs débouchés, tout en consolidant le rôle de la Chine comme partenaire stratégique. Pour les populations locales, elle représente surtout une opportunité tangible d’amélioration des conditions de vie et d’accès à une prospérité durable.

M.M.

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