Edito

La Réunion terre d’émigration vers la France

J.B. / 6 juillet 2018

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Une étude de l’INSEE publiée hier dresse un tableau de la situation démographique de La Réunion pour l’année dernière. Nous étions 860.800 à vivre à La Réunion. Entre 2009 et 2017, la population a augmenté de 5.600 personnes en moyenne par an, alors que pour la même période, la différence entre les naissances et les décès s’élevaient à 9.100 par an. L’augmentation réelle est donc loin du solde naturel, ce qui signifie que La Réunion est une terre d’émigration, car la différence entre les départs et les arrivées s’élève à 3.500 personnes par an.

C’est donc la confirmation de la poursuite d’une tendance qui est née dans les années 1960, quand le gouvernement français a suivi les intérêts d’une classe dominante qui refusait le développement de La Réunion. Pour cela, au lieu d’accompagner la croissance démographique en contribuant à construire une économie développée, la politique menée visait à exiler la jeunesse pour en faire une main d’œuvre à bon marché pour l’industrie et les services publics en France. Ce pays connaissait en effet une période de plein emploi, et il avait besoin d’immigrés pour occuper des postes qui n’étaient pas pourvus par les autochtones. Ceci a marqué une rupture dans l’histoire de La Réunion, qui avait jusque dans les années 1930 une terre d’immigration, pour fournir des bras aux cultures imposées par la France : notamment le café et la canne à sucre.

Malgré un taux de chômage en France proche de 10 %, notre île reste toujours une terre d’émigration en direction de ce pays.

J.B.



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Messages






  • Bonjour, je suis réunionnais , j’ai quitté mon île en 1963, j’avais deux possibilités, l’armée ou le Bumidom, j’ai choisi l’armée, je suis partis dans la marine, j’ai finalement échoué en Polynésie française où j’ai fait souche, je ne regrette rien mais constate que l’on nous a expatrié et nous avons été remplacé, à mon avis c’est un plan longuement mûri. J’ai un autre copain qui a fini colonel de la légion étant sorti second de Cyr, à son départ de la légion il a été obligé de reprendre ses études afin de trouver un job, alors que nous avons des cadres qui n’ont aucune ascendance réunionnaise !! Bref, je finis ma vie à Tahiti, qui est un pays merveilleux.

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  • J’imagine en ayant lu vos lignes, votre remarque est pertinente. J’ai su que parfois des réunionnais parvenus à la retraite souhaitent s’installer dans leur île qu’ils avaient quitté depuis très longtemps parfois comme vous ou bien moins longtemps grace aux congés bonifiés par exemple ou à leurs salaires, soldes comme les militaires, voire même aux gains des jeux divers et variés. Arrivés à destination, ils ne se sont pas retrouvés, leur île n’étant plus la même, les rues, les gens, leur famille même aussi, bien sur sans oublier les sempiternels bouchons, pas ceux qu’on déguste mais ceux qui polluent de plus en plus l’air, donc nos poumons avec les micro particules cancèrigènes, le bruit et les mentalités.

    Je connais une enseignante qui elle a voulu repartir en Polynésie française, comme votre ami colonel. Y étant allé travailler là bas, elle connaissait déjà. Dans le JIR, il y a 2 mois environ, c’était un réunionnais ex policier qui était parti s’installer là bas, ayant lui aussi été en poste à Tahiti j’imagine.
    Tout le monde a aussi en tête la PF comme lieu de fin de vie pour Paul Gauguin et Jaques Brel aux Marquises, Allez les bleus d’outre-mer et autres, France et Belgique unis en Polynésie, elle n’est pas belle la Vie ? Arthur.

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