Edito

La Réunion va-t-elle mieux sans le PCR ?

Philippe Yee-Chong-Tchi-Kan / 15 juin 2020

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La fin des grandes fraudes électorales a permis aux communistes réunionnais de démontrer progressivement leur capacité à diriger le pays (les communes dans les années 70, l’intercommunalité dans les années 80, puis la Région). Jusqu’en 2010, le Parti Communiste Réunionnais a eu les moyens de préparer la réalisation de l’objectif de sa fondation : l’Autonomie de La Réunion, dans le cadre de la République française. Après le PDA qu’il a fait adopter à l’unanimité des forces syndicales et politiques de La Réunion en 1992 ; après la loi Climat votée à son initiative à l’unanimité des deux assemblés du parlement français en 2001 ; et avec l’accolade réconciliatrice de Vergès-Debré en 2006 ; le PCR avait installé un climat pacifié dans les relations France-Réunion, propice à la reconnaissance de la responsabilité et à l’émancipation des Réunionnais.

Il appartiendra aux historiens d’expliciter le continuum idéologique des forces qui ont manœuvré, dès 2004 et jusqu’en 2015, à destituer le PCR de ses principales positions d’influences politiques.
Aujourd’hui, qui reste-il pour résister lorsque La Réunion est attaquée et que les Réunionnais sont privés de leur espace domestique ? Quel avenir propose-t-on 135 000 chômeurs, aux 350 000 Réunionnais qui vivent sous le seuil de pauvreté, et aux prochains 100 000 diplômés qui vont sortir de l’école d’ici 10 ans ? Quelle perspective offre-t-on aux entrepreneurs qui veulent investir pour leur île ?

L’actualité met en lumière l’appétit insatiable d’un groupe antillais qui domine la grande distribution réunionnaise alimentaire mais aussi spécialisée (automobile, entretien auto, bricolage…). Mais la majeure partie des terrains privés de l’Ouest appartient déjà à deux frères belges et un Suisse ; l’eau de Mafate, Edena, appartient à un groupe mauricien ; les usines sucrières sont propriétés de coopératives françaises ; même quand une usine de dentifrice est rentable, on met des travailleurs au chômage pour augmenter des profits à l’extérieur de l’île…

Philippe Yée-Chong-Tchi-Kan