Edito

La santé, l’éducation et la culture, premières victimes de la politique militaire US

Philippe Yee-Chong-Tchi-Kan / 14 mai 2020

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En 2019, les dépenses militaires [1] des États-Unis d’Amériques (USA) se sont élevées à 720 milliards de dollars en croissance de +5,6 % par rapport à 2018. Une tendance qui n’est pas près de s’affaiblir, guidée par la perception de menaces accrues venant de l’Est (comprenez la Chine) et par la création d’une Force Spatiale (6e branche des forces armées des États-Unis, officialisée le 20 décembre 2019). La récession économique qui accompagne la crise sanitaire du Covid-19 aura peut-être raison de ce montant pour 2020, mais Donald Trump a déjà demandé au Congrès un budget équivalent [2], quitte à rogner sur les budgets de l’éducation et de la santé.

Cette hiérarchie des dépenses s’appliquent également aux instances internationales de coopérations multilatérales. Depuis 2017, les USA se sont retirés de l’Organisation des Nations-Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture (l’UNESCO). Et, depuis mi-avril, ils ont suspendu leur contribution à l’Organisation Mondiale pour la Santé (l’OMS). Jusqu’en 2013, les USA contribuaient à 22 % [3] du budget de l’UNESCO, ce qui aurait représenté environ 140 millions de dollars cette année ; et leur contribution 2020 au budget (programme [4] et volontaire) de l’OMS était estimée à environ 600 millions de dollars. Ces deux contributions auraient représenté, à peu de choses près, 0,74 Md$ au total. Soit à peine 1/1000e de leur budget militaire !

Ainsi, que ce soit sur le plan intérieur comme sur la scène internationale, la santé, l’éducation et la culture sont les premières victimes de la politique militaire des États-Unis d’Amérique.

Philippe Yée Chong Tchi Kan

[1Source : Institut international de recherche sur la paix de Stockholm