Edito

La têt lé dur mèm

J.B. / 5 décembre 2018

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Un jour quand des historiens vont décortiquer l’actualité du désordre actuel, ils vont bien rigoler. Que constatons-nous ? Annick Girardin a filé la patate chaude aux Collectivités alors que ces dernières n’ont aucune capacité à traiter les problèmes de fond soulevés par le mouvement des Gilets Jaunes. A un an des élections municipales, la pression sur les maires sera maximale.

Le Maire du Tampon a été le premier à recevoir une délégation de manifestants du Tampon. Après l’écoute, il a décidé de relayer leurs doléances auprès du gouvernement. À la Préfecture, Mme Girardin fait le bilan de son séjour, avec à ses côtés, la présence des Présidents du Conseil Départemental et du Conseil Régional. Ce dernier était trop content d’annoncer des décisions qui n’ont jamais été discutées dans les instances démocratiques. Si c’était si facile pourquoi faire venir Annick Girardin ?

Politiquement, il utilise la Région pour fixer ses conditions électorales pour les municipales. Il tente de freiner l’initiative du Conseil Départemental qui signe en ce moment des conventions partenariales avec les Communes. En pleine crise, il annonce que désormais les aides régionales seront conditionnées au principe d’un homme ou une femme une responsabilité. Y compris les aides européennes dont la Région a la charge. Le Député Ratenon a sauté sur l’occasion pour montrer le coté ridicule de la proposition. Il a aussitôt démissionné de son mandat de conseiller municipal. Or, l’opinion a soulevé surtout les importants revenus que les élus s’octroient, en partant du cas de Didier Robert.

Gilbert Annette a compris le piège. Il a été le premier maire à réagir en disant que le président de Région “a failli” et que certaines de ses annonces étaient de “l’enfumage”. Depuis le début du mouvement, l’adjoint de Annette et suppléant de Bareigts, Philippe Naillet, a tenu 2 conférences de presse du PS contre les mesures de la Région. Recevant un groupe de Gilets Jaunes, le Maire de la Capitale a annoncé la tenue d’une grande rencontre à la Possession “sous 48 heures”. Chacun tente d’utiliser des Gilets Jaunes pour se placer.

Ce petit jeu est très éloigné des préoccupations principales des manifestants. L’un d’eux a dit : zot têt lé dur mèm !

J.B.