Edito

La violence au cœur du système dominant à La Réunion

J.B. / 22 novembre 2017

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La mobilisation des travailleurs de Profilage, filiale d’ArcelorMittal à La Réunion, vient rappeler la violence du système en place dans notre île. La Réunion est un marché juteux, puisque des sociétés extérieures rachètent des entreprises réunionnaises pour y accéder et faire des bénéfices. Ainsi, Profilage est devenue filiale de Sollac en 1984. Elle a ensuite suivi les tribulations de cette entreprise française, intégrée dans Usinor-Sacilor puis dans Arcelor à la suite de la fusion avec des sociétés luxembourgeoises et espagnoles, puis dans ArcelorMittal, après l’OPA du groupe indien Mittal sur le champion européen de la sidérurgie-métallurgie. Ceci a permis à Mittal de mettre la main sur un centre de recherches en Lorraine, qui capitalisait plus d’un siècle d’expérimentation réussie dans le domaine des métaux. Depuis la création d’ArcelorMittal, ce groupe a fait de l’augmentation des profits une priorité. Il a fermé les usines de Grandrange et Florange en Lorraine.

À La Réunion, les sites de Profilage ont également subi des réductions d’effectif. Cette fois, ArcelorMittal veut diviser par deux le nombre de salariés et limiter l’activité de l’entreprise au travail de la tôle importée. Il a comme objectif que sa filiale compte moins de 50 salariés afin de faire disparaître les instances représentatives du personnel où les syndicats peuvent défendre les intérêts des travailleurs. ArcelorMittal suit la logique pure et dure du capitalisme, où comptent d’abord la recherche du profit et la réduction des droits des travailleurs par l’affaiblissement des syndicats. C’est la violence contre les travailleurs réunionnais.

Plus généralement à La Réunion, la même violence cible la jeunesse. Le système en place à La Réunion permet en effet de mettre de côté plus de la moitié des jeunes sortis de l’école. La jeunesse est pourtant ce qui fait la richesse d’un pays, dans notre île elle est gaspillée. Ces jeunes ne se laissent pas faire. Ils rejettent majoritairement le système des élections, preuve qu’ils considèrent que ce ne sont pas les élections qui vont régler leurs problèmes. Ils sont bien moins d’un quart à aller voter systématiquement, c’est un message de défiance dont il faut tenir compte.

Cela suppose d’aller rencontrer ces jeunes pour discuter avec eux. C’est une responsabilité qui incombe aux autorités avant toute décision les concernant. Cela n’a pas été fait dimanche dernier au Port, et les dégâts ont été considérables. Plus que jamais, les jeunes doivent être écoutés et respectés, car ils sont porteurs de propositions.

J.B.