Edito

Le bateau ivre de l’organisation territoriale

Témoignages.re / 21 juillet 2020

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La Région doit se mettre au travail pour présenter un plan de 248 millions de recettes nouvelles.

LOOM, LOPOM, LODEOM, Egalité Réelle, il est de tradition depuis une vingtaine d’années qu’à chaque gouvernement, soit inventé une nouvelle boite à outils magique censée en 10 ans résoudre tous les problèmes du pays mais sans la réussite escomptée.
Pourtant ces problèmes sont clairement identifiés, une augmentation continue de la population couplée à une croissance insuffisamment soutenue débouchant sur une augmentation continue du chômage et de la misère. Mais face à cette situation la seule réponse est un peu plus d’emplois subventionnés, un peu plus de défiscalisation. Hors du carcan de la pensée néolibérale et parisienne point d’alternative.

Néanmoins, la croissance démographique est maintenant maîtrisée, les équipements ont été créés (université, écoles, hôpitaux…). On parle sans cesse des défauts du territoire, mais il convient d’en voir les atouts. Nous avons une population jeune et formée, un système sanitaire satisfaisant, des réseaux existants (électricité, eau, route). Nous avons réuni toutes les conditions du développement.
Pourquoi alors la situation s’aggrave-t-elle ? Eh bien la raison en est maintenant systémique. Tant que nous aurons le système politique et administratif le plus bête et compliqué du monde privilégiant toujours l’entre soi au bien-être de la population, aucun problème ne pourra être réglé.

Ainsi il est temps de refonder l’administration de La Réunion en privilégiant la proximité et l’efficacité. N’est-il pas un frein d’avoir autant d’acteurs : commune, intercommunalité, département, région, aux compétences floues voulant chacune tout faire ? Et cela sans compter l’appareil administratif d’état censé protéger les intérêts du gouvernement et non du peuple réunionnais. Un bateau ivre ne peut mener à bon port un peuple en souffrance.

Axel GAUVIN « Mon péi bato fou, Ousa banna il ral anou, Na poin lontan sa la démaré, Mé soman Ti dousman ti dousman, Lo tan i vien pli fré, In zour la nèz va komans tonbé, Na konèt la doulèr na konèt la soufrans, Kan nout péi sar kosté sanm la frans »

Nou artouv’

David Gauvin