Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
12 novembre 2013, par

Le 25 octobre dernier, Christiane Taubira, Ministre de la Justice, visite la Cour d’appel d’Angers. Une poignée de manifestants opposés au mariage pour tous est de l’autre côté de la rue. Lors du passage de la ministre, une fille de 12 ans lui dit : « La guenon, mange ta banane ». D’après "Libération", quelques instants plus tôt, une personne avait scandé : « Y a bon Banania, y a pas bon Taubira ». Quelques jours auparavant, une candidate aux municipales soutenues par un parti d’extrême droite, le FN, avait publié un montage photo comparant Christiane Taubira à un singe.
« C’est une attaque au cœur de la République », a déclaré la ministre de la Justice. Quand Christiane Taubira est insultée, c’est la République qui est insultée. La riposte aurait dû alors être à la hauteur de l’attaque. Cela n’est pas le cas, et l’affaire est revenue en pleine figure de ceux qui auraient dû riposter, tel un boomerang.
En France, il aurait été logique que le plus haut sommet de l’État réagisse immédiatement pour condamner l’attaque contre la République, et prendre des mesures pour que de tels faits ne se reproduisent plus. Mais cela n’a pas été le cas. Il a fallu attendre plus d’une semaine pour que les députés disent leur solidarité avec la ministre. Cela n’a eu lieu qu’après que Christiane Taubira se soit publiquement étonnée de l’absence de réaction de la classe politique vis-à-vis de l’attaque visant la République.
Hier, le président de la République a été hué par d’autres représentants de l’extrême droite. C’était à Paris, lors de la cérémonie du 11 novembre sous l’Arc de Triomphe, à côté de la tombe du Soldat inconnu. Cela a amené l’interpellation de plusieurs dizaines de personnes.
Tout cela se serait-il produit si l’insulte visant la République avait été sanctionnée le 25 octobre ?
À La Réunion, ce n’est pas mieux. Heureusement, pour l’honneur des Réunionnais, les Femmes communistes ont affirmé la solidarité avec Christiane Taubira.
Par contre, pas un mot de la présidente de l’UFR, qui est pourtant députée, et qui vote donc les lois de la République.
Pourtant, l’UFR était un des fers de lance de la lutte contre le racisme. Les Réunionnais se souviennent encore des manifestations contre l’apartheid, et contre le Consulat d’Afrique du Sud. Mais c’était une autre époque, les temps ont bien changé.
J.B.
Nos peines
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