Edito

Le cactus fermenté contre le changement climatique

Manuel Marchal / 14 janvier 2020

Le 11 décembre dernier à Antananarivo se tenait la Journée du cactus. Ce fut l’occasion d’échanger des expériences concernant la recherche sur cette plante et ses applications. Un article paru dans Sci Div Net note que ce végétal a d’importantes qualités :

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« Le cactus qui pousse en abondance dans le sud de Madagascar est désormais appelé à jouer un rôle primordial pour lutter contre le changement climatique, l’érosion du sol et la désertification, en plus de son importance pour la sécurité alimentaire et l’économie rurale. En effet, les expérimentations en cours prouvent l’efficacité de l’utilisation du cactus dans l’atténuation des conditions extrêmes exacerbées par le réchauffement mondial. « Le cactus se fermente rapidement pour produire du gaz à usage individuel nécessaire à la cuisson, empêchant de défricher les forêts » pour avoir du bois, explique José Carlos B. Dubeux, enseignant à l’université de Floride, Etats-Unis. Abondant dans le même sens, Bertrand Reverdy, promoteur d’écosystèmes durable et innovant dans le secteur de l’agribusiness et des énergies vertes, rend compte de la situation de la ville de Toliara, dans le sud-ouest de l’Île. « Elle consomme 100 tonnes de charbon de bois par jour et pour produire une telle quantité, il faut un millier de tonnes de bois. La décomposition rapide de la matière organique du cactus offre une solution alternative pour la production du biogaz », observe-t-il.
« Alterné avec du sisal ou d’autres plantes, le cactus est un moyen efficace pour stopper l’avancée des dunes. Les bandes de cactus dans les parcelles agricoles servent de brise-vents contre l’érosion éolienne et d’antiérosifs contre l’érosion hydrique », soutient Stéphanie Andoniaina, ingénieur agronome et responsable du suivi et de l’évaluation auprès du Centre technique agroécologique du sud (CTAS) à Ambovombe Androy.
Avec un climat aride, le grand sud de Madagascar, peuplé de 1,8 million d’habitants (8 % de la population du pays), subit de plein fouet les effets néfastes du réchauffement planétaire. A la merci de la sécheresse et des vents forts, la région connaît constamment le phénomène de désertification doublé de l’avancée continuelle des dunes détruisant plantations, végétations, pâturages, sources d’eau, sites sacrés (…)
Ainsi, à travers l’Office national de nutrition (ONN) et ses partenaires, Madagascar entend désormais valoriser la filière cactus au profit du développement et du changement climatique. »

Commentaire

Ceci rappelle que les alternatives aux énergies fossiles existent tout près de nous. Le cactus qui pousse en abondance dans le Sud de Madagascar est donc un moyen de lutter contre la déforestation, car le bois est la première source d’énergie pour faire cuire les repas. Par ailleurs, le gaz issu de la fermentation de ce cactus peut être utilisé pour produire de l’électricité. C’est le procédé utilisé à Sainte-Suzanne, où le biogaz issu de la fermentation des déchets alimente une turbine.
C’est une voie différente que celle choisie par les industriels de l’électricité à La Réunion. En effet, la seule source végétale, la canne, est brûlée. Mais si la bagasse était mise en fermentation, le gaz issu de sa dégradation ne produirait-il pas plus d’électricité ?

M.M.