Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
12 janvier 2013, par

Nous avons rendu public des extraits d’interventions d’élus et parlementaires réunionnais qui, au lendemain du cyclone de 1948, avaient réagi pour réclamer des moyens exceptionnels en faveur des victimes. On notera surtout l’effort qui était fait pour les plus pauvres et pour le redressement de l’économie agricole. Des élus communistes avaient même créé une caisse de solidarité avec leur argent personnel ! Les parlementaires avaient versé 20.000 francs chacun. Rappelons qu’il n’y avait pas d’indemnité d’élu à l’époque.
Aujourd’hui, du fait de la démographie, il y a 7 députés et 4 sénateurs, soient 11 parlementaires. Ils cumulent pour la plupart la fonction parlementaire et celle de maire. Parmi les 11, il y en a 9 de la majorité présidentielle. Les Réunionnais s’interrogent sur le silence et l’inactivité des personnes qui avaient sollicité leurs suffrages et qui, désormais, se distinguent par le silence.
Pas tout à fait. Ils ont d’autres priorités qui ne sont pas celles des victimes du cyclone. En effet, au-delà du silence collectif, 2 parlementaires sont intervenus chacun sur un aspect particulier. L’un, c’est le député-maire de Saint-Leu qui a déclaré qu’il porte plainte contre le SDIS et que « sa » commune ne versera plus sa contribution au service d’incendie départemental. L’autre, le sénateur socialiste, a dénoncé TDF (Télé Diffusion de France) qui aurait manqué à sa mission de diffusion hertzienne équitable. L’élu saint-leusien a reçu en retour une cinglante réaction des responsables concernés.
Pendant ce temps, les planteurs sont abandonnés à leur sort alors qu’ils sont installés dans différentes zones où se trouvent nos parlementaires. Les prix vont flamber, ces élus ne disent rien. Les pauvres connaîtront encore plus de difficultés, ces parlementaires se taisent. Les Collectivités, tout comme EDF, auront à supporter d’importantes dépenses pour rétablir l’eau, traiter les déchets et refaire les routes. Ils font le mort. Comment ne pas faire appel à la solidarité malgré le peu de considération du ministre des Outre-mer envers La Réunion ?
Paul Vergès a interpelé le gouvernement sur l’urgence de mesures concrètes en faveur des victimes, mais surtout il a appelé à la prise de conscience parisienne d’une situation qui se dégrade sérieusement. Ce qu’a révélé le cyclone conforte l’analyse que le changement, c’est bien maintenant qu’il faut le faire.
J.B.
Nos peines
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