Application de l’APE : vers plus de chômeurs que de salariés à La Réunion
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20 septembre 2016, par

En visite en Inde la semaine dernière, le ministre mauricien des Finances, Pravind Jugnauth, a rencontré son homologue indien, Arun Jaitley, ainsi que le Premier ministre Narendra Modi. Parmi les dossiers à l’ordre du jour figuraient notamment la question du partenariat financier entre la future super-puissance de l’océan Indien et l’île voisine. Voici un extrait du journal « le Défi » en date du 16 septembre :
« Il a notamment été question de la reconstruction d’un réseau de chemin de fer à Maurice. « Le dossier du Metro Express a été abordé, car une grande partie de la subvention indienne de 322 millions d’euros servira à financer ce projet. Une somme de 183 millions d’euros sera investie pour aider à concrétiser cet ambitieux projet. Le Metro Express est l’un des points majeurs du déplacement de Pravind Jugnauth en Inde. Narendra Modi a indiqué que « l’Inde sera toujours aux côtés de Maurice et que les relations entre nos deux pays seront toujours excellentes, super spéciales ».
Tout comme La Réunion, Maurice était auparavant dotée d’un réseau ferré. La même mauvaise décision de suppression a été prise. La volonté est donc de réparer. À La Réunion, Paul Vergès avait obtenu le financement pour reconstruire un chemin de fer. Le train devait dans un premier temps relier Sainte-Marie à Saint-Paul en passant par Saint-Denis, avec la mise en service d’extensions permettant de relier Saint-Benoît à Saint-Joseph. Les premières emprises ont même été construites sur le pont de la Rivière des Pluies et sur l’axe mixte reliant Le Port à Saint-Paul. Quand une coalition hétéroclite allant des socialistes aux indépendantistes en passant par Bello a permis à Didier Robert d’accéder au pouvoir à la Région, ce dernier a pris la décision de stopper le chantier. Son choix a été d’utiliser les fonds disponibles pour le financement du train afin de lancer le chantier de la route en mer avec la réussite que l’on connaît aujourd’hui : ce projet condamné par la montée du niveau de la mer ne dispose pas des matériaux suffisants pour son achèvement, il est donc arrêté.
À Maurice, le précédent gouvernement avait mis sur pied un projet de chemin de fer. Des élections ont changé la direction politique de ce pays, mais l’idée du réseau ferrée n’a pas été abandonnée bien au contraire. Le nouveau gouvernement se bat pour obtenir le financement nécessaire, et c’était une partie de l’objectif de la visite du ministre mauricien des Finances en Inde.
Il a déjà l’assurance d’une subvention de l’Inde de 183 millions d’euros pour lancer le chantier. Avec une telle somme, la reconstruction du réseau ferré à Maurice est sur les rails. À 200 kilomètres de là, des responsables réunionnais ont pris une toute autre décision en choisissant de supprimer le chantier du chemin de fer et d’embarquer les Réunionnais dans un chantier pharaonique d’une utilité contestable, et qui est en totale contradiction avec l’Accord de Paris sur le changement climatique.
Ce qui se passe à Maurice montre le décalage qui existe dans la culture politique des dirigeants des deux îles. Gageons qu’à La Réunion, la raison puisse enfin l’emporter. Les Mauriciens montrent que c’est possible.
J.B.
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