Edito

« Le colonialisme faute de la République » : le retour des Chagossiens aux Chagos à l’ordre du jour de la présidence française de la COI ?

Manuel Marchal / 28 décembre 2019

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Le 21 décembre dernier à Abidjan, le président de la République avait déclaré ceci : « « « Trop souvent aujourd’hui la France est perçue » comme ayant « un regard d’hégémonie et des oripeaux d’un colonialisme qui a été une erreur profonde, une faute de la République », a-t-il déclaré, appelant à « bâtir une nouvelle page » ».
« Témoignages » du 23 décembre avait souligné que cette déclaration venait justement du dirigeant d’un pays qui continue pourtant à coloniser des terres qui lui sont étrangères. C’est notamment le cas des îles malgaches de Nosy Sambatra, Nosy Kely, Nosy Bedimaky et Nosy Ampela, maintenus sous occupation française sur la base d’un décret publié juste avant le retour de Madagascar à l’indépendance en 1960.

Lors de sa visite à La Réunion cette année, Emmanuel Macron avait dévoilé le rôle assigné à La Réunion dans la stratégie française d’axe Indo-pacifique. Il avait aussi affirmé que l’année prochaine verra la France présider la Commission de l’océan Indien, ce qui permettra à Paris d’utiliser la COI pour appuyer sa stratégie.
Il serait pourtant possible à la France de fixer un objectif autrement plus louable à sa présidence. En effet, si les déclarations du premier des Français à Abidjan ne sont pas du vent, alors la présidence française de la Commission de l’océan Indien devra non seulement créer les conditions de la décolonisation complète de Madagascar, mais aussi inscrire à son agenda la question du retour des Chagossiens dans leur pays.

En effet, aussi étonnant que cela puisse paraître, la Commission de l’océan Indien n’a jamais plaidé cette cause. Or, la France pourra s’appuyer sur des arguments importants pour faire plier la Grande-Bretagne, puissance occupante des Chagos, en particulier la résolution de l’ONU qui a donné jusqu’au 22 novembre aux Britanniques pour déguerpir. Le délai est passé, et la France n’a plus d’état d’âme à avoir vis-à-vis du Royaume-Uni, puisqu’il va quitter l’Union européenne.
Si la présidence française ne met pas ses actions en rapport avec les paroles du chef de l’État à Abidjan, alors ce sera encore une année de perdue pour la COI. Et cela posera encore plus la question de la présence de la France dans une organisation de pays riverains de l’océan Indien. En effet, la France a pour particularité d’être riveraine de l’océan Atlantique, de la mer Méditerranée, de la Manche et de la Mer du Nord mais pas de l’océan Indien. Elle doit sa présence dans la COI à La Réunion qui a été effacée de l’organisation, comme le rappelle la dernière déclaration du Sommet de la COI en date de 2015.

M.M.



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  • colonisation, c’était le sujet de "Théma" d’hier soir mardi 7.1.20 sur Arte, tb reportage, qui apportait pas mal d’explications sur cette folie, se former des empires coloniaux, imposer ses lois et saccager les pays conquis, édifiant. Cette année 2020, marquera le 60° anniversaire de l’indépendance de pas mal d’entres elles, la plus proche Madagascar. Nous verrons bien ce que cet état fera pour cette occasion, bonne année à zot tout, Arthur. Que vos projets se réalisent surtout s’ils concernent l’avenir de la planète, qui souffre et dont on dépend.

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