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12 mars 2014, par

Depuis le refus du gouvernement ukrainien de signer un accord d’association avec l’Union européenne, ce pays est dans l’instabilité. L’ancien président avait choisi de renforcer la coopération avec la Russie. C’est pourquoi il a signé un accord avec son voisin. La Russie s’était engagée à baisser le prix du gaz vendu à l’Ukraine, et à l’aider à régler ses problèmes financiers. C’est dans ce but que 15 milliards de dollars devaient être débloqués.
Mais le gouvernement qui a signé avec la Russie a été renversé par un coup d’Etat. Le nouveau pouvoir remet tout en cause. Sans attendre les prochaines élections prévues le 25 mai, il décide de se retourner vers l’Europe. L’Union européenne décide de soutenir cette démarche en annonçant que la signature d’un accord d’association est toujours possible, tout en alignant une aide de 11 milliards d’euros. C’est l’équivalent de l’engagement russe.
En Europe, l’attitude des dirigeants de l’UE ne manque pas de susciter des interrogations. En particulier du côté des peuples touchés par les plus graves politiques d’austérité. Ainsi en Grèce, l’Union européenne, la BCE et le FMI ont bien voulu renflouer les caisses, mais en échange de coupes drastiques dans les dépenses publiques : licenciements de milliers de fonctionnaires, baisse des retraites, privatisation des services publics rentables et remise en cause du droit du travail étaient notamment les conditions pour que l’Europe verse quelques milliards.
La Grèce est sous le coup des fameux "plans d’ajustement structurels" déployés dans les pays d’Afrique par le Fonds monétaire international. En échange de prêts, les pays doivent vendre au secteur privé leur patrimoine.
Pour l’Ukraine, il suffira d’un accord avec le FMI pour que les premières tranches de l’aide soient débloquées. Il n’est donc pas question de faire subir à l’Ukraine le traitement réservé à la Grèce, de peur de retourner l’opinion favorable à l’intégration dans l’UE.
Si l’Europe poursuit dans cette voie, elle devra s’engager à débourser des sommes colossales, car l’Ukraine est un pays de 40 millions d’habitants. Dans le contexte de crise actuelle, comment les Européens pourront-ils trouver tout cet argent ? Si c’est cette voie qui est choisie par les dirigeants de l’Union européenne, alors tous les plans d’austérité iront en s’aggravant, car il faudra bien trouver des fonds pour l’Ukraine.
J.B.
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