Obsèques de Pierre Thiébault : un départ en chantant
4 juin, parNos peines
6 octobre 2012, par

Le PCR n’est plus seul pour le dire : la situation sociale est tendue à l’extrême et les gens sont exaspérés. Plusieurs éléments indiquent que le mouvement a atteint sa phase critique.
En février, à la suite de manifestations des transporteurs en faveur de la baisse des prix, la population est descendue dans la rue. Des policiers venus en renforts de Paris ont eu comme consigne de frapper fort pour servir d’exemple. Arbitrairement, ils ont arrêté de nombreuses personnes et plus de 120 ont été jetés en prison. Il faut remonter dans les années de grandes manifestations de planteurs qui s’opposaient à la disparition du géranium pour constater une répression de cette ampleur. Encore que ce chiffre est certainement un record.
Le pouvoir pensait calmer le jeu en pariant sur la peur de la punition, comme à l’école. Hélas !
La rentrée scolaire a mis le feu aux poudres. L’État réduit le nombre de contrats aidés, c’est suffisant pour que les maires se mettent en grève. La situation est unique, car cette histoire d’emplois aidés aboutit à une crise institutionnelle. Les maires finissent par organiser la rentrée, mais dans le désordre. Un millier de personnes qui attendaient un contrat restent sur le carreau. Conséquence directe : la révolte gronde. Des bulles éclatent à Bellepierre à Saint-Denis et aux Camélias à Saint-Leu, avec un prolongement à la préfecture.
En transférant les compétences des Écoles aux Communes, l’État a laissé à la charge des Collectivités réunionnaises les dépenses supplémentaires occasionnées par l’augmentation démographique. Cette situation est insoluble au regard des finances communales et du statut du personnel actuel. Aucune commune, en France, ne se trouve dans cette situation. Refusant de regarder la réalité en face, les maires ont cru qu’ils pouvaient jongler avec le gouvernement, au gré des alternances, et le Conseil général, une assemblée qu’ils dominent majoritairement.
Enfin, la demande sociale en emploi met la pression sur l’élu de proximité qui joue sur le clientélisme en échange du pouvoir. Le sentiment que les élections présidentielles allaient apporter le changement a servi d’amortisseur à l’explosion, mais la proximité des élections municipales fragilise la position des maires.
Avec 158.000 chômeurs inscrits à Pôle Emploi et des milliers d’allocataires en fin de droit, l’espoir d’avoir un emploi s’éloigne. Généralement, la fin de l’année est propice à des emplois saisonniers, mais cette année, ce ne sera pas le cas. Janvier et février seront mornes. L’année 2013 va débuter dans une situation pire qu’avant la révolte de février dernier, c’est-à-dire avant les grandes élections qui se voulaient de tous les espoirs qui avaient mis les chômeurs en attente. L’attente sociale ressemble au feu qui couve sous la cendre.
JB
Nos peines
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